Depuis plusieurs mois maintenant, le gouvernement Charest parle du « Plan Nord », un projet d’envergure ayant pour but de développer les ressources naturelles du Québec (particulièrement les mines) dans sa partie la plus septentrionale. Quel lien est-il possible de faire entre ce projet économico politique et la bière?

Dans le texte Boum brassicole au Québec. Oui, mais pourquoi? que j’ai publié récemment sur ce blogue, j’ai abordé le fait que « [à] ce jour, toutes les régions du Québec, à l’exception de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et du Nunavik, possèdent au moins une brasserie artisanale ».

Selon les prévisions du gouvernement et des organisations responsables de l’analyse du « Plan Nord », la réalisation de ce projet d’envergure entraînerait l’embauche de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Pour répondre à leurs besoins, le gouvernement devrait donc faire des investissements en santé, infrastructure, services urbains, logements sociaux, etc. En se basant sur l’histoire du développement minier du Québec (Fermont par exemple), il est possible d’imaginer que de nouvelles villes se formeraient près ces nouveaux lieux de travail et autour des services essentiels : écoles, hôpitaux, CLSC, police, aéroport, etc., et des divertissements : cinéma et… pub! Je me demande : le moment serait-il venu pour la Côte-Nord et le Nord-du-Québec de penser à l’exploitation de l’industrie brassicole?

Source: TVA / Crédit Photo: Agence QMI

Source: TVA / Crédit Photo: Agence QMI / C’est moi qui a ajouté le mot «brassicole»!

Bien sûr, nous savons qu’il est ardu d’ouvrir une microbrasserie/bistrobrasserie. Il faut d’abord un excellent cahier de recettes, puis monter un plan d’affaires en béton, trouver le financement, s’armer de patience pour obtenir les permis, s’approvisionner chez les meilleurs fournisseurs, au meilleur prix, tout en demeurant créatif et original. Ceux que l’aventure brassicole nordique pourrait intéresser auraient quant à eux des défis supplémentaires à relever, on n’a qu’à penser par exemple aux distances considérables à franchir pour l’approvisionnement… Toutefois, ces problèmes ne sont pas insurmontables. Les brasseurs ayant élu domicile dans les régions éloignées des grands centres ont déjà fait face à des défis similaires, entre autres pour la distribution de leurs bières. De cette problématique est d’ailleurs né Distribières, une coopérative de travail dont l’objectif principal est « l’optimisation des activités de distribution d’une part tout en diminuant la proportion des ressources financières que les membres doivent consentir à cette étape de leurs activités ». Il va sans dire que les entrepreneurs-brasseurs qui auraient le goût de se lancer dans le développement brassicole du Grand Nord devront eux aussi faire preuve d’audace et d’ingéniosité! Mais les défis reliés au climat et aux distances ne nous ont jamais fait peur pas vrai? D’autant plus que l’aventure coule dans nos veines… Nous n’aurions certainement pas ouvert des terres au Saguenay et en Abitibi si ce n’était pas le cas!

Ce texte est écrit au conditionnel, car j’ignore si ce projet verra le jour et même s’il est réellement bon pour l’avenir du Québec. Je crois toutefois qu’il peut être intéressant d’y réfléchir maintenant, considérant le temps que cela peut prendre pour obtenir toutes les autorisations requises! ! En tout cas, une chose est sûre : s’ils engagent effectivement des milliers de gens pour aller travailler dans le Grand Nord, une fois que leur journée sera finie, ils auront soifs! Et comme on l’entend souvent dans le milieu : la vie est trop courte pour boire de la mauvaise bière!

Au fil des années, j’ai réussi à me faire une place dans la communauté brassicole québécoise. Dernièrement, la gang de Ça Brasse! m’a invité à participer à leur nouveau site Internet en bloguant pour eux une fois par mois. À partir d’aujourd’hui, vous retrouverez donc certains de mes billets sur www.cabrasse.ca! Ils seront identifiés ici par ce logo:

Un grand merci à cette charmante équipe de m’avoir offert un espace pour discuter bière!

Vous souvenez-vous de votre première bière?

C’est difficile comme question n’est-ce pas? Quant à moi, je pense que cela vient du fait que j’ai eu plusieurs «premières fois» : la première fois que j’ai goûté à une bière, la première fois que j’ai bu une bière, la première fois que j’ai dégusté une bière, la première fois que j’ai eu un coup de cœur pour une bière, etc. Ce n’est pas simple, mais la question mérite qu’on s’y attarde un peu, façon thérapie collective, pour se rappeler de bons (et de moins bons) souvenirs ainsi que quelques anecdotes savoureuses, nous rendre nostalgiques et partager nos histoires!

J’avais 18 ans lors de ma fausse «première fois» et j’étais en première année de CÉGEP. Tout ce qui s’est passé avant cela n’a aucune valeur brassicole et n’est pas valide au regard de la loi ! HAaaa le CÉGEP ! Quel lieu extraordinaire d’enseignement… Je me sentais libre et toute-puissante (surtout parce que je pouvais finalement acheter de la bière légalement)! Invitée à rejoindre de nouveaux amis dans un party, j’avais apporté avec moi une bouteille de Terrible et de Fin du Monde d’Unibroue, question de me faire remarquer. Ce soir-là, j’ai compris ce qu’était la «fin du monde» lorsque je suis rentrée chez moi. J’ai trouvé ça «terrible»!

Ma vraie «première fois», c’était un soir d’avril 1986. J’étais confortablement assise sur le divan du salon à côté de mon grand-père pour regarder un match de hockey du Canadien de Montréal. À chaque fois que je regardais le hockey avec lui, il buvait de la Labatt 50 tablette svp! Ça avait l’air bon… Comme les enfants apprennent beaucoup par mimétisme, un jour, j’ai osé et j’ai goûté à sa bière lorsque mamie l’a appelé dans la cuisine. EURK! Dans toute ma vie, je n’avais goûté qu’à une seule chose de pire que ça : le brocoli! Que dire de plus? J’avais 10 ans.

Au CÉGEP, après ma soirée Unibroue, j’ai adopté la Belle Gueule blonde pour tous les partys qui ont suivi parce que Belle gueule, je trouvais que ça m’allait bien! En 1995, j’ai déménagé à Québec pour aller à l’université. Deux lieux ont marqué mon passage dans la capitale nationale : Chez son père dans le Vieux-Québec et l’Inox dans le quartier St-Roch. Je n’ai pas de souvenirs précis d’une bière ou d’une autre (les années d’université aussi peuvent être dures!), mais c’est définitivement durant ces années que j’ai commencé à apprécier la bière! À cette époque, si on m’avait dit qu’un jour, je travaillerais au Mondial de la bière, je ne l’aurais pas cru!

C’est dans la métropole au début des années 2000 que j’ai vraiment découvert les bières artisanales. Mon premier coup de cœur a été pour la St-Ambroise noire à l’avoine de McAuslan qui m’a du même coup révélé mon goût pour les stouts. Puis, comme je l’ai écrit dans un précédent article, mon deuxième coup de cœur a été pour La Pénombre, une black IPA signée Dieu du Ciel ! (Pourquoi j’aime les noirs). Depuis 2009, j’ai eu la chance de vivre plusieurs expériences brassicoles qui m’ont emballée, troublée, étonnée. Tout cela pour dire que je ne peux pas vraiment identifier quelle a été ma «première bière», mais je pense que c’est grâce à elle(s) si aujourd’hui je fais un métier que j’aime.

Montréal est une ville étonnante où la créativité et les possibilités sont sans limites. L’industrie brassicole montréalaise ne fait pas exception à la règle avec la présence de nombreuses microbrasseries et bistrobrasseries reconnues ainsi qu’un festival de bière unique en son genre, le Mondial de la bière, qui fêtera son 19e anniversaire cette année.

(Élément déclencheur) – Certains auraient pu croire que la scène brassicole était suffisamment occupée, mais c’est là toute la beauté de Montréal! En 2011 est né un nouveau festival de bière, d’hiver celui-là : l’Hivernale des brasseurs, communément appelé le Winter Warmer. Ce festival se spécialise dans les bières fortes (entre 6 et 13 %), soit des millésimés, grands crus vieillis, primeurs, produits maturés en barrique ou conditionnés. La majorité des bières proposées sont brassées spécialement pour l’événement, ce qui ajoute un intérêt incontestable pour les amateurs. Quelle merveilleuse idée!

Pièce de théâtre en 5 actes

(Contexte) – L’événement se déroule dans la salle du magnifique théâtre Plaza, situé au coin des rues St-Hubert et Beaubien dans Rosemont. Cette salle de spectacle ouverte en 2003 a conservé la décoration d’origine du cinéma qui a été construit là en 1922. Sur l’air I gotta feeling qui jouait dans ma tête, je me suis rendue au théâtre Plaza vendredi soir dernier pour la deuxième édition de l’événement.

 ACTE 1 : CÔTÉ COURS

(à droite de la scène, vu de la salle)

(La tension monte) – Déjà très énervée par cette soirée qui promettait en découvertes, j’ai tout de suite été attirée par L’Entrave, une imperial ice à la betterave signée Brasseurs Illimités! Oui, oui, vous avez bien lu: une bière à la betterave! La betterave faisant partie de mon TOP 5 légume, j’étais vraiment curieuse d’y goûter! Je sais que plusieurs amateurs ont été impressionnés, voir séduits par cette bière. Ça n’a pas été mon cas. Tous les goûts sont dans la nature… ou dans le potager!

ACTE 2 : CÔTÉ JARDIN

(à gauche de la scène, vu de la salle)

(Le moment critique) – Il y avait un peu trop de bières inscrites sur le tout petit tableau du bar côté jardin! Une liste très intéressante qu’il fallait absolument consulter! Dans le cas où c’était impossible, les serveurs connaissaient très bien leurs produits et se faisaient un plaisir de faire des suggestions!

Coup de ♥ : l’ABT, brune belge forte, de la Succursale (Montréal)

☞ Mention spéciale : la Maîtresse, pilsner impériale, du Broadway (Shawinigan). Bien qu’à 7% d’alcool, cette pilsner, la seule lager du festival, était rafraichissante à souhait!

ACTE 3 : MEZZANINE

(Retombées) – Le bar de la mezzanine était bien fourni, j’y ai d’ailleurs fait mes principales découvertes! De plus, le point de vue sur la salle était superbe!

Coup de ♥ : la Schieve Tabarnak, ale blonde brassée avec du houblon néo-zélandais, du Trou du Diable (Shawinigan)

Coup de ♥ : la Warlord, imperial IPA, de McNeill’s (Vermont)

☞ Mention spéciale : Mea Magna Culpa, édition spéciale vin d’orge, de Brasseurs du Temps (Gatineau)

ACTE 4

(Le moment décisif) –  Un événement peut continuellement s’améliorer avec l’aide de commentaires constructifs.

  • Je pense qu’il serait avisé d’ajouter des tables avec du pain et des fromages par exemple afin que tout le monde puisse se sustenter. Lorsque la clientèle boit des bières à plus de 6 % d’alcool, il faut absolument qu’elle ait accès à de la nourriture facilement si on veut éviter le pire. Pourquoi ne pas ajouter également de bretzels, noix et autres?
  • Aussi magnifique qu’elle puisse être, la salle du théâtre Plaza compte des dizaines et des dizaines de marches. Un environnement peu sécuritaire pour ceux qui boivent des bières fortes à volonté… Devrait-on envisager une autre salle? Le Lion d’Or par exemple?

ACTE 5

(Le dénouement : fin heureuse. Tout le monde repart avec un sourire) –  Tard dans la nuit, j’ai profité de ce dernier acte pour féliciter les organisateurs pour ce super festival de bières d’hiver: Marc Bélanger, brasseur et copropriétaire du Broue Pub Brouhaha à Montréal ainsi que Sylfranc Côté et Annie Auger, copropriétaires du Broue Pub Brouhaha et des Délires du terroir.

J’ai également félicité Philippe Wouters ainsi que toute l’équipe derrière les fourneaux qui s’est donnée corps et âme pour sortir près de 4 000 bouchées, cuisinées à la bière pour la plupart et savamment élaborées.

☞ Mention spéciale pour les serveurs qui avaient la rude tâche de servir les bouchées. Certaines personnes manquaient vraiment de savoir-vivre!

Voilà! Comme on dit au théâtre : merci beaucoup et à la prochaine!

La première fois, on ne l’oublie jamais. Pour moi, c’était dans un lieu charmant et convivial. L’ambiance était bon enfant, parfaite pour essayer quelque chose de nouveau. Les lumières étaient tamisées et malgré la pénombre, j’ai eu le coup de foudre. Dieu du Ciel! Quelle révélation! Moi qui aime l’amer et le café, j’avais devant moi le meilleur des deux mondes.

Pénombre, Black IPA, 6% d’alcool. Encore une invention états-unienne, le style des “Black IPA” est né au Vermont pub and Brewery de Greg Noonan vers 1997. On pourrait dire que cette bière se veut être un hybride entre une India Pale Ale et un Porter. Au premier abord, la Pénombre offre un corps assez léger, et le malt noir utilisé lui procure un goût de torréfaction bien présent. Le tout est par contre dominé par une amertume évidente mais toujours en équilibre avec les autres saveurs de la bière. En arrière-goût, l’amertume et les saveurs de houblon s’installent tranquillement mais sûrement, gorgée après gorgée. Cette bière est née à notre brasserie artisanale de Montréal en avril 2008. Source

Ce jour-là, j’ai découvert mon bonheur brassicole. Il n’en fallait pas plus pour que mes papilles s’affolent et que débute une merveilleuse aventure. Depuis, je sillonne les routes et les festivals à la recherche de mon âme soeur, mais pour l’instant, je suis fidèle à la Pénombre...

Le monde des bières est un immense terrain de jeu alors… amusez-vous!

Information supplémentaire

«Black IPA», soit Black Indian Pale Ale, désigne un style de bière émergent. Ces bières ont généralement un goût prononcé de houblon, un taux d’alcool relativement haut et un goût distinct de malt noir rôti qui lui donne aussi sa couleur noire. Il existe présentement un petit débat dans le monde brassicole sur l’appellation «Black IPA». Voyant une contradiction entre le terme «Pale» et la couleur noire de la bière, certains préfèreraient nommer ce style India Dark Ale, India Black Ale, Cascadian Dark Ale, Dark IPA, etc. Si le débat vous intéresse, voici quelques références :

Craftbeer : In Defense of Language: or How I Learned to Stop Worrying and Love Black IPA

Washington Post: An emerging beer style, CDA marries hops ans dark malts

Blogue de Lisa Morrison: Emerging Beer Style: Cascadian Dark Ale

Santé!

C’est indéniable, le Québec connaît non seulement une révolution brassicole, mais carrément un «boum»! À ce jour, toutes les régions du Québec, à l’exception de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et du Nunavik, possèdent au moins une brasserie artisanale, que ce soit une microbrasserie (permis de brassage et d’embouteillage qui leur permet de distribuer leurs bières dans les dépanneurs et épiceries, dans les bars et restaurants) ou une bistrobrasserie (permis de brasserie artisanale et offrent leurs bières exclusivement à la brasserie). Non seulement presque toutes les régions du Québec peuvent-elles bénéficier des avantages économiques et touristiques de cette industrie, mais en plus, on compte l’ouverture d’une microbrasserie ou bistrobrasserie tous les trois mois à peu près depuis les dernières années!

Voici ce qu’écrivait Le Coureur des Boires le 29 janvier dernier :

« Depuis [2010], près d’une dizaine de nouvelles brasseries ont vu le jour au Québec! Loin de ralentir, l’apparition de nouveaux brasseurs semble de plus en plus fréquente. […] dans les derniers mois, nous avons entendu parler de pas moins d’une vingtaine de nouvelles brasseries qui ont fait leur apparition ou s’attendent à la faire au cours des prochains mois: Le Baril Roulant (Val-David), La Souche (Québec/Limoilou), Le Castor (Rigaud), Kruhnen (Blainville), Brasseurs Sans Gluten (Montréal), La Chasse-Pinte (Anse St-Jean), Aux Fous Brassants (Rivière-du-Loup), Les Beaux Prés (Ste-Anne-de-Beaupré), La Société (St-Georges-de-Beauce), Frampton Brasse (Frampton), Le Coureur des Bois (Dolbeau), La Gueule de Bois (Arvida), Les Soeurs Grises (Montréal), Brasseurs des Monts (St-Mathieu-de-Beloeil), en plus d’autres projets à Sept-Îles, St-Jean-sur-Richelieu, Chelsea, Montréal, etc. Ouf! Ce qui semblait être une utopie il y a quelques années est en train de se réaliser… et c’est agréablement grisant! » Source

L’effervescence de l’industrie brassicole au Québec est reconnue sur la scène locale, nationale et internationale. Cela ne fait plus aucun doute. Mais, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi?

Voici quelques pistes de réflexion que je vous propose aux fins de discussion.

Commençons par le plus évident : les Québécois aiment la bière

L’histoire nous raconte que la relation entre les Québécois et la bière remonte au début même de la colonisation avec l’arrivée en Nouvelle-France de Louis Hébert, apothicaire. Dès 1617, sa femme, Marie Rollet brasse de la bière, une tâche majoritairement réservée aux femmes à cette époque. Après les Récollets et les Jésuites, Jean Talon arrive à Québec en 1665 et fait construire la brasserie de l’intendant. L’exploitation brassicole, aux termes où on l’entend aujourd’hui, n’a réellement commencé qu’au début des années 1700. L’industrie connaît des hauts et des bas et avec l’arrivée de la révolution industrielle, un nouveau type de brasserie apparaîtra au Québec: Molson, Dow, Labatt, Carling, O’Keefe, Frontenac, etc. Jusqu’au début des années 1980, ces brasseries industrielles contrôleront la scène brassicole avec des bières de plus en plus légères et aseptisées. Comment les brasseurs artisanaux ont-ils donc fait pour intégrer le marché de la bière et se faire une place enviable parmi ces géants au point de créer une révolution brassicole?

Dans le courant des années libertines de 1970 aux États-Unis, des groupes d’amateurs de bières étaient en train de fomenter une révolution qui allait gagner toute l’Amérique quelques années plus tard. C’est dans leur sillage que les amateurs de bières québécois et brasseurs maison trouveront leur inspiration et développeront leur créativité.

La formation : le métier de brasseur et la créativité québécoise

La passion de ces précurseurs les amène à vouloir se perfectionner. La majorité s’envolent pour l’Europe, principalement dans des pays où la tradition brassicole est reconnue comme la Belgique, l’Angleterre et l’Allemagne. C’est là qu’ils apprennent les ficelles du métier de brasseur. Peu à peu, le savoir se transmet et des ressources de formation commencent à apparaître au Québec, allant des cours de brassage artisanal aux formations plus avancées. Les brasseurs québécois ont la chance d’évoluer dans un environnement brassicole pratiquement «vierge» qui leur permet (et les encourage même!) à dépasser les limites et à explorer toutes les avenues possibles. La bière artisanale, goûteuse et riche, se déclinera de plus en plus dans une multitude de styles.

La fibre entrepreneuriale

David Sparrow a déjà abordé ce sujet dans Bières et Plaisirs :

«Il ne suffit pas d’avoir de savoureuses recettes pour faire carrière dans le monde de la bière, encore faut-il trouver l’emplacement et les moyens qui permettront aux gens de les découvrir. Être brasseur c’est bien; brasseur et entrepreneur, c’est mieux!» Source

Les brasseurs désireux d’ouvrir un établissement pour brasser et partager leurs bières ne sont pas au bout de leurs peines! Au-delà d’un cahier de recettes et d’un excellent plan d’affaires, les étapes clés nécessaires à la réalisation de chaque projet amènent les brasseurs entrepreneurs à développer des relations avec le Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE), la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJQ), le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), etc.

«Les futurs brasseurs ont donc intérêts à être patients, travaillants et prêts à faire des sacrifices s’ils souhaitent mettre sur pied leur propre entreprise. C’est sans compter la forte concurrence du marché et les divers enjeux de l’industrie qui ne cesse d’évoluer; pénuries, distribution, mise en marché, contrôle de qualité, stabilité et autres.» Source

Vu sous cet angle, il semble que seul le fou ou l’inconscient se lancera dans l’aventure! Pourtant, malgré les défis qui les attendent (et heureusement pour nous!), plusieurs brasseurs ont réussi à mettre sur pied leur havre de goût. Leur secret: la passion.

Certes, tous ces points expliquent l’apparition d’une offre de bières artisanales. Mais pourquoi les Québécois ont-ils embarqué dans cette belle aventure brassicole?

La tendance épicurienne des années 2000

Dès le milieu des années 1980, certains amateurs de bières sont déjà à la recherche de produits qui ont un goût différent des bières industrielles. L’apparition des premières brasseries artisanales répond donc au besoin de certains consommateurs. Leur enthousiasme va tranquillement gagner le groupe des curieux, mais cet engouement s’inscrit également dans une tendance plus large, le règne d’Épicure.

« [...] on assiste depuis 15 ans à une extraordinaire révolution gastronomique, grâce à des chefs innovateurs qui nous ont fait découvrir les richesses de notre terroir et qui destinent le Québec à devenir une plaque tournante dans l’univers du goût.» Chrystine Brouillet (L’Actualité, dossier Les 101 mots pour comprendre le Québec, décembre 2005, p. 134)

Entre le bogue de l’an 2000 et la fin du monde annoncée pour 2012, la gastronomie et l’œnologie se retrouvent au centre d’un mode de vie actualisé et centré sur les plaisirs de la table. Une tendance qui se détermine, entre autres, par des concepts tels que «boire mieux» et «manger sainement». Les épicuriens ont comme objectif de profiter de tout ce qui est bon et la bière ne fait pas exception.

«De nos jours, le Québec est devenu un véritable paradis de la bière, grâce à l’audace et au savoir-faire des [brasseurs. Ils] font pétiller dans nos chopes les ales et les lagers, et introduisent dans nos assiettes les premières bouchées de la gastronomie brassicole.» Mario D’Eer (L’Actualité, dossier Les 101 mots pour comprendre le Québec, décembre 2005, p. 32)

Il n’en fallait pas plus pour qu’Épicure et Gambrinus unissent leurs destinées!

Consommation locale et produits du terroir

Combinés, la conscience environnementale et le désir de consommer des produits locaux ont favorisé l’apparition du consommateur responsable, celui qui, en choisissant ce qu’il achète, devient un acteur important pour l’économie locale. Il s’informe, il est exigeant, mais s’il est satisfait, il est loyal.

«D’après le rapport du Baromètre 2010 de la consommation responsable au Québec, ce classement laisse entrevoir quatre éléments majeurs: un attrait pour la consommation de produits au rythme des saisons, une détermination à consommer des produits locaux, une consommation à forte tendance environnementale et un attrait pour les produits recyclés». Source

Les brasseurs qui ont saisi ce mouvement proposent non seulement une restauration basée sur les produits du terroir régionaux où ils ont élu domicile (lorsque restauration il y a), mais intègre également ces produits au sein même de leurs recettes de bières. Par exemple (et il y en a beaucoup d’autres), je pense à André Trudel au Trou du diable à Shawinigan qui utilise des cerises grillottes provenant des champs de la ville de Charette, en Mauricie également, dans sa bière St-André Claymore-Cerise.

Maintenant que nous avons fait le tour rapide de l’historique de l’offre et de la demande, peut-être serait-il intéressant de nous demander ce qui a cimenté les deux…

La communication a joué, et joue toujours, un rôle important dans la révolution brassicole. Non seulement les différents outils de communication utilisés ont permis de faire connaître l’industrie, mais ils ont également contribué à cristalliser la tendance épicurienne, à promouvoir la production faite à partir des produits du terroir et à soutenir la consommation locale.

Les experts : parlons bière

Avec la venue de ces brasseries artisanales, ce sont développés plusieurs experts en bière qu’on nomme biérologue. Ils ont pris la plume ou le micro pour partager avec les amateurs leur passion pour la bière, leurs dégustations, leurs trouvailles, leurs critiques et leurs expertises. Ils ont voyagé, comparé, étudié l’histoire de ce breuvage millénaire. Ils ont aidé, démystifié et enseigné. Ils ont fait beaucoup de route… beaucoup et connaissent le Québec par cœur et par goût. C’est d’ailleurs au Québec que la première école de certification biérologue de la francophonie a vu le jour! Bibliothèque ambulante douée de parole, ils nous ont parlé de couleurs, de styles, de flaveurs et ont grandement contribué à nous faire découvrir la bière, la vraie. Je ne les nommerai pas, de peur d’en oublier, mais ils se reconnaîtront… Je leur lève mon verre à leur implication et je les salue.

Les festivals : soutenir l’industrie, la faire connaître et la faire valoir

Vous pensiez que je vais vous parler du Mondial de la bière? Hé bien… oui! Il va sans dire que je vais prêcher pour ma paroisse, mais avant tout, voici une très belle définition de ce qu’est un festival.

«Le mot même le dit : un «festival» est une «fête». Une grande fête des sens et de l’esprit. Un événement rassembleur qui, par sa haute visibilité, permet de toucher un vaste public. Une manifestation unique, un lieu d’échanger conviviale, cosmopolite et stimulant qui témoigne du désir de créer des ponts entre l’ici et l’ailleurs, entre le public et des créateurs venus de partout, réunis en autant de rencontres vivantes et vibrantes. […] Les festivals sont là pour nous permettre d’avoir des nouvelles de notre monde, de saisir l’état de ce monde par l’intermédiaire d’une diversité foisonnante d’imaginaires, et par la même occasion de redéfinir ce que nous sommes à la lumière de cet ailleurs qui débarque chez nous.» Marie-Hélène Falcon. (L’Actualité, dossier Les 101 mots pour comprendre le Québec, décembre 2005, p. 63)

Fondé en 1994, le Mondial de la bière de Montréal a été le premier festival de bière au Québec, basé sur l’existence des microbrasseries. Il est le plus 
important
 festival
 de
 bières 
internationales 
en 
Amérique 
et 
sa 
réputation 
dépasse 
les 
frontières 
du 
pays. Misant sur la qualité plutôt que la quantité, il est depuis ce temps un lieu d’apprentissage et de découvertes.

Mondial de la bière 2011 - Crédit Photo: CosmosImage

« On se plaît souvent à répéter que Montréal est une plaque tournante entre l’Europe et l’Amérique, un carrefour de diverses cultures et influences. Aussi un festival montréalais se doit-il, plus que tout autre, d’être ouvert sur le monde, d’être international, interculturel, intergénérationnel, à l’image de cette ville «sous influence» […] située à la croisée des chemins et des tendances.» Marie-Hélène Falcon. (L’Actualité, dossier Les 101 mots pour comprendre le Québec, décembre 2005, p. 63)

Depuis, plusieurs autres festivals à vocation différente, mais tout aussi importante sont apparus au peu partout au Québec, pour le plus grand bonheur des amateurs.

L’avènement des réseaux sociaux

Véritable révolution technologique, le web 2.0 et l’avènement des médias sociaux ont complètement changé la façon de communiquer avec les autres. Les réseaux sociaux permettent de créer des communautés virtuelles sur la base d’un intérêt commun : la bière dans notre cas. Deux aspects en particulier méritent que l’on s’y intéresse. D’une part, en tant que plateformes interactives, elles permettent de communiquer directement avec les clients, consommateurs et amateurs, tout en gardant le contrôle sur l’image de marque, ce qui n’est pas toujours le cas avec les médias traditionnels. D’autre part, l’information s’y diffuse à la vitesse de l’éclair, une version moderne du «bouche-à-oreille». On trouve déjà quelques exemples de leur puissance… Parlez-en aux propriétaires de l’Espace public , qui ont ouvert leur brasserie artisanale en janvier dernier. Sans aucune publicité, la nouvelle de l’ouverture s’est répandue en moins de 24 h dans la communauté brassicole virtuelle et il y avait une file d’impatients qui attendaient dehors le jour de l’ouverture des portes! La plupart des brasseurs, festivals et experts sont présents sur les réseaux sociaux, ce qui en fait donc une excellente banque de données. D’ailleurs, le Mondial de la bière propose sur Twitter deux listes brassicoles, soit une pour le Québec et une pour l’international : @Mondialbiere/bièresqc et @Mondialbiere/biere-beer-cerveza.

Quant à moi, j’ai dédié mon Scoop.it! à la bière et j’ai également créé une page Facebook sur le sujet. Venez faire un tour si le cœur vous en dit!

La brasserie artisanale : notre nouveau «perron d’église»

Pendant des décennies, alors que la présence à l’église le dimanche matin était une obligation sociale, les perrons d’église sont devenus le théâtre de la vie quotidienne des Québécois où l’on s’échangeait les dernières nouvelles et les rumeurs. Aujourd’hui, les perrons d’église ont été remplacés pour un autre lieu, plus convivial : la brasserie artisanale. Dorénavant, c’est devant une bonne bière que l’on refait le monde, à tout moment dans la semaine, mais très souvent lors du traditionnel 5@7.

En conclusion…

Une société distincte qui veut développer son propre style de bière : l’Annedd’Ale

Au-delà du «boum» brassicole au Québec, il y a aussi quelque chose de plus profond, de plus impliqué depuis quelques mois. En effet, un groupe de professionnels, de brasseurs et d’experts travaillent, parfois bénévolement, à concevoir un style de bière entièrement québécois. Pourquoi? Qu’importe… la vraie question n’est-elle pas: pourquoi pas? Pourquoi ne laisserions-nous pas notre marque dans l’industrie brassicole mondiale? Le défi est séduisant…

« L’idée a commencé quand j’ai pris conscience que les brasseurs québécois maîtrisaient tous les grands styles de bières, en respectant leur origine, et qu’ils étaient capables de produire de nouveaux styles qu’on ne pouvait pas nommer. » Mario D’Eer. Source

«Annedda signifie arbre de vie, il est présent dans plusieurs mythologies et il est généralement associé à la création du monde. Ici, l’arbre de vie est celui qui a sauvé l’équipage de Jacques Cartier du scorbut. Il s’agit plus précisément du sapin baumier, qui fût introduit aux français par les Amérindiens.» Source

«Jacques Cartier aurait probablement aimé mieux découvrir le Nouveau Continent en 2012.» Source

Quant à moi, je trouve qu’il s’agit d’un projet excessivement intéressant, basé sur un fondement historique solide, une histoire, notre histoire. À ce sujet, je vous invite à voir (ou à revoir) le topo réalisé par l’émission Découvertes. Pour connaître les derniers développements du projet, vous pouvez également suivre la page Facebook.

Nous, Québécois, sommes hédonistes, grégaires, affables et fortement enracinés dans notre histoire et notre culture. Nous voulons avant tout le respect et la reconnaissance, ce qui nous pousse à innover et à nous démarquer. Notre industrie brassicole est à notre goût et à notre image : jeune, créative et un brin rebelle. Ses artisans font preuve d’un savoir-faire qui nous rend fiers, ce qui crée un fort sentiment d’appartenance régional et national. Je pense que c’est pour cette raison que le Québec vit maintenant un «BOUM!» brassicole.

Je terminerai en paraphrasant un proverbe trappiste :  «il n’y a pas de bières au ciel, alors profitons-en pour en boire pendant qu’on est ici!».

Santé!

P.S. Un grand merci à Mario D’Eer, mon rempart rédactionnel brassicole, qui est toujours prêt à me donner son avis quand je l’invite à le faire.

BREF. On a tous au moins une photo qui nous rappelle ce genre d’histoire… simple!

Merci Canal Plus!

 

Pour voir un autre excellent épisode, Bref. J’ai aucune mémoire, cliquez ici.

 

(Octobre 2011)

La troisième édition du Mondial de la bière de Strasbourg est maintenant terminée. Pour lire le résumé des deux dernières éditions, cliquez ici :  Le Mondial de la bière : de Montréal à Strasbourg – partie 1 et Le Mondial de la bière : de Montréal à Strasbourg – partie 2. Un autre beau voyage à mon actif, quoiqu’un peu différent des autres…

Quelques heures avant de partir de Montréal, je me suis blessée. Luxation de la cheville droite. Mon départ a donc dû être reporté deux semaines plus tard. Pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, je dois avouer que cela m’a permis de recevoir un traitement V.I.P. à l’aéroport : pas d’attente à la sécurité ni aux douanes, transport en fauteuil roulant et navette privée pour changer de terminal. La classe! À Strasbourg, les rues en pavé m’ont donné du fil à retordre avec au final, le genou gauche complètement enflammé. Sur ordre du médecin, j’ai dû restreindre mes déplacements. Mon appartement est donc devenu mon bureau, mon bar, mon restau, etc. pendant une semaine. Il y a mieux comme voyage… mais au moins, la vue était magnifique!

Strasbourg - Place du cochon de lait

Les jours ont passé lentement, mais de fil en aiguille, la journée d’ouverture du festival est arrivée. Ça fut un pur bonheur de retrouver toute l’équipe fraîchement débarquée du Québec pour nous donner un coup de main. J’aime l’ambiance survoltée de notre festival de bière. Ce qui me plaît le plus du Mondial de la bière, c’est le potentiel de rencontres intéressantes, inattendues, surprenantes, mémorables… Dans mon carnet de bal cette année, un groupe hétéroclite, exposant sous la bannière du Front Hexagonal de Libièration (FHL) : Régis Barth (La Franche), Xavier Clerget (L’Agrivoise), Marjorie Jacobi (Le Paradis), Jacek Korczak (Matten), Laurent Mousson (Front Helvétique de Libièration), Gregory Murer (Fleurac), Benoît Ritzenthaler (Brasserie de la Pleine Lune) et Gwenaël Samotyj (Brasserie des Garrigues).

FHL

Voici un extrait de leur manifeste:

Nébuleuse de six artisans-brasseurs renforcés de quelques sympathisants, le FHL est une initiative contre la relative torpeur et le cynisme qui touche le monde brassicole français. Partant du constat qu’effectivement la microbrasserie ne s’est jamais aussi bien portée en France qu’actuellement, le FHL relève dans son manifeste les risques de toute complaisance ou autosatisfaction, la partie étant loin, à leurs yeux, d’être gagnée. Parmi les choses que déplore le FHL, il y a la réticence de la brasserie française à employer les houblons à leur plein potentiel, par peur d’une amertume supposée choquer les consommatrices et consommateurs. Ayant justement constaté le contraire dans les faits, les brasseries membres du FHL vont apposer une série de trois macarons identifiant clairement leurs bières plus fortement houblonnées, mais au goût équilibré.

Je mentionne également que certains brasseurs de cette bande de joyeux lurons se sont bien fait remarquer en remportant des médailles. Félicitations encore à Régis Barth (La Franche) pour sa médaille d’or au concours MBière Europe Pierre Celis pour sa bière La Franche Profonde, ainsi qu’à Jacek Korczak (Matten) pour sa médaille d’or au concours Coup de Coeur du public, pour sa bière Red Fox IPA.

À cela, j’ajoute que la sympathique tribu de la microbrasserie Dieu du Ciel! a une fois de plus remportée sa part de récompense avec deux médailles d’or du concours MBière Europe Pierre Celis pour leurs bières Dernière Volonté et Aphrodisiaque.

Cette 3e édition du festival a été placée sous la thématique de la cuisine à la bière. Cette activité phare, animée par le très sympathique chef alsacien Daniel Zenner, alias Gargantua, a remporté un franc succès. Incontournable, il fallait passer près de l’endroit pour être happé par des odeurs à faire frémir les narines!

Crédit: Philippe Stirnweiss-Strasbourg evenementsCrédit photo: Philippe Stirnweiss-Strasbourg Evénements

Pétoncles à la bière blancheCrédit photo: Philippe Stirnweiss-Strasbourg Evénements

Pétoncles à la bière blanche de Meteor et purée d’avocat servi sur un lit de polenta

Quatre jours de festival plus tard, les vacances, bien méritées, ont commencé à l’Iceberg, quand l’équipe du Mondial de la bière de Montréal s’est fait inviter à un match de hockey de l’Étoile Noire de Strasbourg. Notre groupe de 22 personnes n’est pas passé inaperçu… Disons que nous nous sommes occupés de mettre de l’ambiance!! Nous avons encouragé les Québécois de l’équipe (Cayer!, Cayer!, Cayer!), fait faire une vague aux Français (non pas sans effort…) et joué aux indiens à chaque coup de tambour de l’équipe d’Épinal. Nous avons également vidé les réserves de bières de l’aréna dès la deuxième période et le tout, sans émeute! Pour notre plus grand bonheur, ce match sans lendemain de Coupe de France est allé en prolongation et s’est finalement terminé en tir de barrage que l’Étoile Noire a remporté, haut la main!

Voici un petit vidéo démontrant nos différents succès de la soirée. Soyez attentif à partir de 3:35 min. Vous verrez successivement: le gardien adverse brisant son bâton sur le but, les 22 Québécois faisant la vague, une entrevue avec CAYER!, CAYER!, CAYER! et une entrevue avec le coach, le Québécois Daniel Bourdage.

Pour plus d’information sur l’Étoile Noire de Strasbourg, je vous invite à lire mon texte Strasbourg – série «Visite en Alsace».

CLIN D’OEIL

Strasbourg regorge de restaurants et de bars plus intéressants les uns que les autres. Toujours à la recherche de nouvelles expériences, nous avons découvert cette année le bar Le Grincheux. Situé sur deux étages, le Grincheux est en endroit convivial avec son mobilier hétéroclite et son gigantesque bar. Il est possible d’y déguster un grand choix de bières artisanales et de vins. Sébastien, propriétaire et grincheux en chef, est un passionné de bières. Lors de notre passage, il nous a réservé un accueil V.V.I.P. Au menu : bières, couscous royal et conversation sur le sens de la vie, la démocratie et l’importance des expériences de vie.

Parce que le vrai plaisir de boire une bière, c’est de la partager avec des amis.

Bar Le GricheuxGrincheux

Le Grincheux, 27 Rue du Vieux Marché aux Vins, Strasbourg.


(14 au 20 juin 2010)

Il y a un an, presque jour pour jour, je découvrais New York pour la première fois…

Avez-vous déjà visité New York? À mon sens, on ne peut pas vraiment comprendre cette ville sans y être allé au moins une fois… Comprendre est un bien grand mot; aimé aussi. Je suis revenue perplexe de ma première visite dans la Grosse Pomme. Et même si cela fait maintenant un an, je n’arrive toujours pas à savoir ce que j’en pense vraiment… J’ai donc décidé de réfléchir à haute voix… Afin de vous mettre dans l’ambiance, je vous invite à faire jouer la chanson «Empire State of Mind» d’Alicia Keys et de Jay-Z en cliquant ici. Enjoy!

Avant Sex and the City, je n’avais jamais vraiment fait attention à New York... Il faut dire que les États-Unis ne font pas partie de mes destinations voyages fétiches et si j’avais eu à choisir, j’aurais certainement préféré visiter la Californie ou la Nouvelle-Orléans. C’est le personnage de Carrie dans le sitcom qui a fini par piquer ma curiosité. Pourquoi Carrie aimait-elle tellement cette ville? Au final, ni Carrie, ni Sex and the City ne m’ont convaincue que New York était une ville fabuleuse, mais ils m’ont à tout le moins donné le goût d’aller la découvrir par moi-même! J’ai donc fait ma valise, le cœur emballé et la tête pleine d’espérances…

New York : extravagante et insomniaque…

Mon expérience a été surprenante, déstabilisante et riche en rebondissements. Mais puis-je vraiment affirmer que j’ai aimé cette ville? J’ai encore des doutes et dans le doute, je fais des listes!

♥ Ce que j’ai aimé de New York ♥ :

1)    Le High Line : New York, entre ciel et terre!

Ma promenade sur le High line lors de ma première soirée à New York a été un moment fort de mon voyage, agréable et surprenant! Le High Line est une ancienne voie ferrée transformée en parc urbain suspendu. L’aménagement est magnifique et l’éclairage rend bien l’étrangeté et la beauté de la promenade.

Crédit photo: Marilou Caty

J’ai d’ailleurs pu y voir un spectacle très étrange: un théâtre urbain, dans le sens propre du mot, c’est-à-dire un théâtre extérieur où les gens peuvent s’asseoir pour regarder… des voitures!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Crédit photo: Marilou Caty

2)    Coup de cœur pour le Metropolitan Museum of Art!

Ceux qui ont déjà voyagé avec moi le savent, je ne suis pas une «coureuse de musée» ou en fait oui je le suis, mais seulement les jours de pluie… ou de canicule! Ce jour-là, il faisait TELLEMENT chaud que nous cherchions désespérément en endroit climatisé… J’ai d’abord été séduite par le bâtiment massif et ensuite, par leurs impressionnantes collections de sculptures. Celle-ci a particulièrement capté mon attention… elle m’a immédiatement fait penser à ma mère adorée, cette femme de coeur qui a eu trois enfants.

(Regardez, c'est moi tout en bas!)

J’ai finalement passé quatre heures au Metropolitan Museum of Art, ce qui a été nettement insuffisant, et 30 minutes avant la fermeture, j’ai été prise d’une frénésie qui m’a fait courir entre les différentes galeries, question de ne rien manquer!

3)    Marcher à New York

Lorsque je suis partie à la découverte de New York, je l’ai fait de la meilleure façon qui soit : en marchant. J’ai particulièrement aimé ma première journée dans Chelsea, quartier dans lequel est situé l’appartement d’un ami, notre bienfaiteur qui a gentiment accepté de nous héberger tous les cinq pendant sept jours… Au fil des journées et des promenades, j’ai apprécié SoHo, Greenwich et South Street Seaport. Et que dire de Central Parc… un délice! J’ai également aimé Brooklyn, quoi qu’en disent les filles de Sex and the City!

Admirez l’Empire State Building en plein centre des «pattes» du pont ! Nice Shot!

Le pont de Manhattan

Admirez l’Empire State Building en plein centre des «pattes» du pont ! Nice shot!

4)    Le New York Brewfest

Le samedi, l’équipage a pris le traversier pour Governor’s Island afin d’assister à la session professionnelle du New York Brewfest, rien d’étonnant pour les filles du Mondial de la bière direz-vous! J’avoue que j’ai ressenti un vrai plaisir à quitter Manhattan! Enfin un peu de calme! Sous le soleil de cette superbe journée d’été, nous avons bu quelques bonnes bières et quitté le site lorsque la foule est devenue trop imposante!

New York Brewfest

5)    Le Ginger Man 

J’ai passé ma dernière soirée dans l’un des plus vieux bars de New York, le Ginger Man (11 East – 36th Street). Ambiance conviviale, accueil chaleureux et une carte de bières à faire frémir les papilles! Et si vous vous ennuyez de vos racines, sachez que vous pourrez même y boire quelques bières québécoises, dont celles de Dieu du Ciel!, d’Unibroue, du Trou du Diable et de Hopfenstark. Si vous passez par New York, le Ginger Man est un incontournable!

Le Ginger Man

6)    Le mur aux souhaits de Times Square

Pour la fille du Saguenay que je suis, Times Square, c’était tout simplement TROP. Par contre, j’ai complètement craqué pour le mur aux souhaits! Au jour de l’an, des milliers de personnes se réunissent à Times Square pour fêter l’arrivée de la nouvelle année. Ceux qui le désirent peuvent se rendre au bureau d’information touristique afin d’écrire leur souhait sur un post-it qu’ils collent ensuite sur une murale. J’ai apprécié le fait qu’on me laisse ajouter le mien, même si nous étions en juin!

Le mur aux souhaits

Une chose est sûre maintenant : lorsque j’écoute des reprises de Sex and the City, je remarque les endroits que j’ai vus: le golf de Chelsea, l’immeuble de la Bourse, le pont de Brooklyn, la gare de train (Grand Terminal), la fontaine de Central Park, et je n’écoute plus cette émission de la même manière… et je ne vois plus New York de la même manière. Mais je me pose toujours LA question, ai-je aimé New York?

Ce que je n’ai pas aimé de New York  :

1)   Mon deuxième jour: Ci-git le corps de Katchouk après 24 h de vomissement, mal de cœur, mal de tête, mal d’estomac, alouette! (Trop) INTENSE! J’ai pensé mourir et dans la noirceur de ma chambre (oui, je le confesse), j’ai appelé ma mère au secours! En me voyant finalement sortir de la chambre, mon ami Tony s’est exclamé : «You look like hell!». Pour les mauvaises langues, je précise qu’il ne s’agissait pas d’un abus d’alcool, mais bien d’une intoxication alimentaire.

2)    À peine de retour sur mes deux jambes, je me suis fait arroser par un VUS qui roulait dans de l’eau sale du quartier chinois. EURK! Le cœur me lève encore juste à y penser!

3)    C’est bruyant, partout, tout le temps. Après sept jours, c’est assourdissant!

4)    C’est tous les jours le jour des ordures…

5)    Il y a toujours un feu quelque part et quelqu’un de blesser transporté en ambulance.

6)    J’aurais facilement pu me perdre dans le métro et mes collègues m’auraient cherché partout, comme «le p’tit» dans le film C’ta ton tour Laura Cadieux…

EN ce qui concerne les hommes à New York, je n’ai rien trouvé de mieux que ces deux spécimens… Jugez par vous-même!

Musée de cire de Mme Tussaud

Naked Cowboy

Finalement, à la lumière de ces deux listes, je ne peux qu’affirmer une chose à propos de New York : comme toutes les premières fois, je ne l’oublierai jamais! Y retournerai-je un jour? Probablement… Deux fois valent mieux qu’une pour juger!

Géniale et magnifique!

Je vous mets au défi de trouver quel produit est mis en valeur dans cette publicité.

Tout simplement brillant!

Pour voir 2 autres publicités intéressantes: brasserie artisanale La Korrigane et Sapporo.

 

Pour lire mon introduction sur l’Alsace, cliquez ici.

Blason de Sélestat

 Moyen-Âge

Les premières mentions écrites de Sélestat apparaissent pour la première fois au VIIIe siècle. Durant le XIe siècle, Hildegarde de Buren y fonde une église qui sera occupée en 1094 par des moines. En 1217, la ville obtient son statut de ville libre. Sélestat prospère et devient membre de la Décapole – au même titre que Colmar – une alliance de 10 villes libres alsaciennes au sein du Saint-Empire romain germanique, qui perdurera de 1354 à 1679.

Durant cette époque, la ville prend de l’ampleur, agrandit ses fortifications et fait du commerce. Les traces de cette époque lointaine sont présentes partout dans la ville, particulièrement dans l’art qui décore les rues et ruelles.

Bannière de rue

Renaissance

« La Renaissance marque la période glorieuse de la ville qui devient une capitale de l’Humanisme. Son école devient célèbre dans toute l’Europe. La Réforme, la Guerre des Paysans qui agite alors le Sud du Saint-Empire, et celle de Trente Ans marquent le déclin de Sélestat». (Source) En 1632, la ville est prise par les Suédois, puis occupée par les Français en 1634. La ville est officiellement annexée à la France en 1678 par Louis XIV, le roi Soleil. L’armée française s’y installe et la ville perd tous ses privilèges de ville libre.

Le passé guerrier de Sélestat est également présent dans la ville, voyez cette superbe statue! Lors de votre promenade, gardez les yeux bien hauts, car des trésors s’y trouvent!

Chevalier tenant le blason de Sélestat

Époque contemporaine

En 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, Sélestat est annexée de nouveau à la France, après être successivement passée aux mains des Allemands et des Français, et vit alors quelques années paisibles. Après la défaite de l’armée française en 1940, Sélestat est annexée à l’Allemagne nazie. En décembre 1944, le processus de libération de la ville s’enclenche à la suite d’un bombardement américain… Ce bombardement a pourtant détruit une grande partie de ville qui porte encore aujourd’hui quelques cicatrices. Redevenue française à nouveau, la période de l’après-guerre en est une de reconstruction pour Sélestat et sous la direction de plusieurs maires de talent, la ville connaît un véritable essor dans les années 60.

Le rêve de Sarkis

Installé sur le mur du rempart de Vauban construit en 1674, le rêve de Sarkis est un amalgame de plaques de rue sur lesquelles on peut lire de courtes phrases ou des fragments de poèmes «propres à déclencher souvenirs ou images». Les 310 plaques de rue «correspondent aux 309 rues de Sélestat, plus une, symbole de l’extension future de la ville». Selon la description du projet conçu en 1993, le rêve de Sarkis est une œuvre qui est à la fois «une invitation à la promenade et un appel à la rêverie». (Source)

Le rêve de Sarkis

Nous avons pris le temps de lire toutes les plaques… Un pur moment d’émerveillement et de poésie… certainement mon coup de cœur à Sélestat!

Après avoir fait le tour de la ville à pied, une promenade magnifique, agréable et riche en histoire, nous avions faim. Toutefois,  il est important de noter qu’en France, la grande majorité des restaurants sont fermés entre 14 h à 18 h. Il était 13 h 50… Nous avons refait le tour de la ville afin de trouver un restaurant ouvert… et heureusement pour nous, le personnel du Troc Café (31, rue Président-Poincaré) a gentiment accepté de nous servir, malgré l’heure tardive. Le restaurant rose aux volets bleus est invitant et son intérieur d’inspiration baroque est à la fois confortable et insolite. On y retrouve de vieilles motos, des gravures anciennes, de belles lampes et une variété impressionnante de meubles. On y sert une cuisine sans prétention dans un esprit bistrot. Peu importe ce que vous déciderez de goûter, vous vous en sortirez avec une facture autour de 12€, ce qui est plus que respectable étant donné que les tartines (une sorte de tartes flambées sur un pain de ménage) sont sublimes! Mhummm… Bon service, bonne bouffe et surtout, un gros merci pour la gentillesse de personnel… ils nous ont sauvés la vie!

CLIN D’ŒIL: L’ARBRE DE NOËL ET LA TOUR DES SORCIÈRES

À la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, vous pourrez voir un livre de comptes datant du 21 décembre 1521 faisant mention pour la première fois du sapin de Noël, ou arbre de Noël ou encore arbre du Christ! (Source)

L’ancienne porte basse de la ville fortifiée menant vers Strasbourg est communément appelée «la Tour des Sorcières» au XVIIe siècle. Le bâtiment sert alors de prison pour les femmes accusées «d’avoir séduit le diable et d’être responsable de tous les malheurs de la ville. Près de 100 sorcières allèrent au bûcher entre 1629 et 1642». (Source)

À quelques jets de pierre de Sélestat, nous prenons maintenant la route pour découvrir le magnifique château du Haut-Koenigsbourg!