Strasbourg – série «Visite en Alsace»

Publié: 24 mars 2011 dans Bière, Découverte, Gastronomie, Histoire, Hockey, Voyage
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Le récit de mon voyage en Alsace comprendra quatre arrêts : Strasbourg, Colmar, Sélestat et le château du Haut-Koenigsbourg. Avant de commencer notre visite de Strasbourg, voici quelques informations concernant la région.

Région Alsace, France

L’Alsace est située à l’est de la France et a une frontière commune avec l’Allemagne. Avec 221 habitants par km² (en comparaison, le Québec compte environ 5 hab./km²!!) l’Alsace est la 3e région la plus densément peuplée de France, après l’Île-de-France (région de Paris) et le Nord-Pas-de-Calais (pointe nord de la France). Parallèlement, c’est aussi la plus petite par sa superficie. Au cours de sa longue histoire, la région Alsace est successivement passée aux mains des Allemands et des Français – ce qui explique les traces évidentes de la culture allemande en Alsace – mais «l’implication des Alsaciens dans la Révolution française [1789] ainsi que l’affaire Dreyfus [1895 à 1906] ont scellé politiquement l’attachement des Alsaciens à la République française.»

LEÇON D’HISTOIRE: En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, français d’origine alsacienne et de confession juive, est reconnu coupable d’avoir livré des documents secrets français à l’Empire allemand. Ayant des doutes quant à la culpabilité de Dreyfus, l’auteur Émile Zola publie en 1898 un article de presse fort connu intitulé «J’Accuse…!». La diffusion de cet article « provoque une succession de crises politiques et sociales uniques en France qui ne s’achèvera véritablement qu’en 1906, par un arrêt de la Cour de cassation qui innocente et réhabilite définitivement Dreyfus.» (Source)

Bien que le français soit la seule langue officielle, une partie de la population parle encore aujourd’hui le dialecte alsacien. Vous êtes curieux? Redécouvrez le personnage de dessin animé Tom Saywer… en alsacien!

Au Québec, la région alsacienne est surtout connue pour ses vins: Riesling, Pinot (blanc, gris et noir), Gewurztraminer et le Crémant, mais l’Alsace est également le coeur brassicole français avec plusieurs brasseries artisanales, dont la plus connue est certainement Météor, la petite qui a pourtant résisté aux différents assauts des grandes compagnies industrielles! P.-S. La bière accompagne très bien la gastronomie alsacienne, dont la fameuse choucroute!

STRASBOURG

Notre premier arrêt se fait donc dans la magnifique ville de Strasbourg qui porte le titre de «Capitale de l’Europe», en raison des nombreuses institutions européennes qui y siègent dont le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. «Ville frontière avec l’Allemagne, Strasbourg est profondément biculturelle. Son histoire, riche et tourmentée, a laissé un patrimoine architectural remarquable. Son centre-ville, situé sur la Grande Île, est entièrement classé patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1988 et comprend notamment la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg et le quartier de la Petite France.» (Source)

Pour en savoir plus sur la cathédrale Notre-Dame, la tradition du stammtisch, le restaurant Cloche à fromage et le bar Les Berthom, je vous invite à lire mon premier texte sur Strasbourg en cliquant ici.

Quartier de la Petite France

«Le quartier tire son nom de l’hospice des vérolés, construit à la fin du XVe siècle pour accueillir les personnes atteintes de syphilis, appelée également le « mal français ». (Source). Complètement détruite durant la Seconde Guerre mondiale, la ville a procédé à une première opération de reconstruction, puis à des investissements majeurs vers les années 1970 pour remettre le quartier dans son esprit d’origine. On y retrouve d’ailleurs de nombreuses maisons à colombage, notamment la Maison des Tanneurs (à l’extrême gauche sur ma photo).

Maisons à colombage

C’est au gré des petites rues et ruelles étroites et exiguës que j’ai découvert le quartier de la Petite France lors de mon passage à Strasbourg en 2010. J’ai profité d’une belle journée de fin d’été pour y faire une longue promenade et mes pas m’ont d’abord mené aux ponts couverts.

LEÇON D’HISTOIRE: «La construction des ponts couverts débuta en 1468. A cette époque, les risques de surpopulation avaient forcé les autorités à entamer l’élargissement de la ville. Initialement construite sur une île (situation stratégique et défensive idéale), Strasbourg commença à s’étendre de part et d’autre des berges de l’Ill et de la Bruche. […] Ce qui préoccupait les architectes militaires alors, c’était la façon de protéger les voies fluviales. En effet, tant qu’une rivière entoure une ville, elle la protège des éventuelles invasions ennemies en leur opposant un obstacle naturel difficilement franchissable. Par contre, quand cette rivière traverse la ville (ce qui était devenu le cas), elle se transforme en une voie d’accès privilégiée pour les flotilles ennemies. […] les ponts couverts devaient donc permettre de bloquer, grâce à des grilles d’acier pouvant être décendues dans leurs arches, l’entrée de la ville à tous les types de navires ennemis. Construit suivant une logique purement militaire, les ponts couverts doivent leur nom aux lourdes toitures qui, jadis, les recouvraient.  […] En 1865, ils sont rendus à la vie civile. On les rase et on les reconstruit entièrement en pierres.» (Source)

Ma balade s’est ensuite poursuivie sur les quais, en passant par l’écluse. Le saviez-vous? Strasbourg compte 47 ponts et passerelles!!! Vous imaginez?!? Le pont Saint Nicolas (photo ici-bas) est l’un des plus vieux ponts de la ville. «Au XIVe siècle, il se présente sous la forme d’une simple passerelle en bois, équipée d’un pont levis permettant le passage des bateaux de commerce. Depuis lors, il a été reconstruit en béton armé et il a été recouvert de grès des Vosges. » (Source)

Pont Saint Nicolas

Après avoir marché toute la journée, l’appel de la bière se fait sentir!

Restaurant Tapas Toro

J’ai beaucoup aimé la multitude de 5@7-finissant-à-minuit que j’ai passé au Tapas Toro (8, Rue Faubourg National). La chef espagnole vous y attend avec une superbe carte de tapas chauds et froids, mais vous pourrez également y manger la traditionnelle flammekueche, la tarte flambée alsacienne. Bien que le service puisse être parfois un peu lent (ce qui est souvent le cas en France!), les serveurs sont compétents, sympathiques et prendront plaisiiiiir à vous faire découvrir la carte des bières. L’endroit regorge d’or liquide, dont la classique Duvel, mais également de bières moins connues chez nous comme la Caracole, de la brasserie du même nom, ma recommandation.

À quelques rues de là, l’Académie de la bière (17, rue Adolphe Seyboth), une institution affectueusement surnommée l’ACA, est un bar à bière avec un décor typiquement alsacien où vous pourrez boire et manger jusqu’à 3h du matin! L’endroit est charmant et le personnel, sympathique. À ajouter absolument dans votre tournée des bars!

Strasbourg et l’étoile des brasseurs

Mon collègue et ami Jean-Claude Colin m’a raconté qu’à une certaine époque, plusieurs dizaine de brasseries artisanales avaient leur adresse sur la Grand’rue à Strasbourg. Grâce à ses indications, j’y ai découvert un vestige d’un temps révolu… une étoile des brasseurs!

Appartement 24 A, Grand’rue, Strasbourg

Appartement 24 A, Grand’rue, Strasbourg, anciennement l’entrée de la brasserie «Au Cygne», 1787.

L’étoile des brasseurs, un double triangle entrelacé, ressemble à l’étoile de David et pourtant, il n’y a aucune relation avec le judaïsme. En effet, le symbole officiel juif que l’on connait n’est en usage que depuis le Congrès de Bâle de 1897 alors l’étoile des brasseurs est répertoriée pour la première fois vers le milieu du XVe siècle. (Source)

Elle est une représentation symbolique de l’alchimie brassicole mettant en oeuvre les quatre éléments: feu, air, eau et terre.

Étoile des brasseurs

«Ces quatre éléments se retrouvent dans la bière : le FEU, sous la chaudière lors du brassage ; l’EAU, lors de l’empâtage et pour rendre soluble l’amidon du malt ; la TERRE, sous la forme de l’orge, matière première de la bière et l’AIR, dans la fécondation du moût par les levures sauvages véhiculées par le vent. En outre, ces quatre éléments se combinent. L’air et la terre, dans la culture du grain. L’eau et la terre, pour la croissance de la plante. L’eau et l’air, dans la germination, en malterie. L’eau et le feu, dans les transformations du brassage et la cuisson, l’air et le feu (température), dans la fermentation.» (Source)

CLIN D’OEIL: DU HOCKEY À STRASBOURG

Hé oui! Strasbourg a son équipe de hockey, l’Étoile Noire (n’est-ce pas un peu étrange après ce que je viens d’écrire sur l’étoile des brasseurs?). L’équipe évolue dans la Ligue Magnus, l’élite française. Comme tout le monde le sait, le hockey est né ici. Rien d’étonnant donc dans le fait que ce soit le Québécois Daniel Bourdages qui entraine cette équipe qui possède également deux joueurs québécois, soit le défenseur Maxime Mallette (#27) et l’attaquant David Cayer (#19).

Si je vous avais parlé de ma soirée à l’Iceberg (nom de l’aréna) il y a quelques mois, je vous aurais probablement dit qu’un match de l’Étoile Noire constituait une bonne distraction, sans plus. L’ambiance était bonne, car il y avait beaucoup d’animation dans les gradins, particulièrement trompette et tam-tam (un peu comme au soccer) et l’équipe semblait prometteuse quoique légèrement désordonnée.

Depuis quelques semaines par contre, la fièvre du hockey s’est emparée de Strasbourg! Contre toute attente, l’équipe s’est d’abord qualifiée pour la demi-finale en remontant un déficit de 0-2 contre les Rapaces de Gap (3e meilleure équipe en saison régulière). Puis, l’Étoile Noire a cloué le cercueil des Ducs d’Angers (2e meilleure équipe) en remportant un troisième match mercredi soir, se qualifiant par le fait même pour la finale, un véritable conte de fées comme on les aime!

«Encore une fois, les partisans avaient répondu présents et ont mis le feu à la patinoire poussant leurs protégés du début (échauffement compris) à la fin.»

«[…] les Strasbourgeois se qualifient pour la première fois dans leur histoire pour la finale du Championnat de France. Tout simplement historique!» (Source)

Bien que l’équipe ait le vent dans les voiles, rien n’est encore gagné. En effet, le prochain et ultime adversaire n’est pas à négliger. Il s’agit de la «terrible» équipe des Dragons de Rouen, la meilleure équipe de la saison régulière et la plus récompensée du Championnat de France.

Aujourd’hui, j’ai le goût de vous dire que si, comme moi, vous décidez d’aller voir un match de l’Étoile Noire pour vous distraire… ben attachez votre tuque avec de la broche parce qu’on ne sait jamais comment les choses peuvent finir! Et comme on dit dans le hockey : «Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini». GO STRAS GO!!!

Et voilà! J’espère que vous avez aimé Strasbourg!

PROCHAINE VISITE: Colmar!

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