Archives de la catégorie ‘Histoire’

Le jeudi 18 juillet 1996, une gigantesque dépression cyclonique commence à se former au-dessus du centre du continent nord-américain. Source

Le vendredi 19 juillet 1996

Je revenais à Jonquière en autobus après quelques jours de vacances à Québec. En entrant dans le Parc des Laurentides, les policiers ont commandé au chauffeur de s’immobiliser. Avec la pluie qui tombait depuis déjà 24 heures, il y avait des risques d’inondation. Dans l’autobus, nous avons tous souri. Les Saguenéens, et particulièrement les chauffeurs d’autobus, sont habitués aux caprices de la route 175. Nous avons donc repris notre chemin.

Le samedi 20 juillet 1996

Je suis arrivée au travail à 8 h sous une pluie diluvienne. Depuis quelques semaines, j’occupais un poste d’agent à l’information touristique de Jonquière, au bureau d’Arvida. Pour ceux qui ne connaissent pas la région, Arvida est situé sur la route régionale 170, entre Chicoutimi et Jonquière. Le bureau d’information touristique était situé dans le Centre des Congrès relié à l’hôtel Hilton (à l’époque). Comme il avait plu toute la journée, peu de touristes s’étaient présenté. Je me rappelle avoir écouté la radio : les autorités annonçaient le décès de deux jeunes enfants à Ville de la Baie.

Ce soir-là, ma famille s’est réunie devant la télévision. Le choc des images. Je pense que c’est à ce moment que nous avons saisi l’ampleur — et l’horreur — de la situation. Impossible d’exprimer avec des mots le sentiment d’angoisse et d’impuissance qui nous a noué la gorge en pensant aux membres de notre famille, aux amis et aux collègues qui habitaient également la région.

Les 19 et 20 juillet 1996, une masse nuageuse s’est arrêtée au-dessus de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Cet événement météorologique a laissé entre 170 et 200 millimètres d’eau en 36 heures et 250 millimètres en 48 heures, ce qui équivaut à la quantité de pluie qui tombe généralement en un mois sur ce territoire. Source

Des images d’apocalypse montrent des maisons entraînées par le courant. Des rues entières disparaissent ; les nombreux réservoirs débordent alors que les barrages menacent de céder. Tandis que le reste du monde a les yeux tournés vers Atlanta et ses Jeux olympiques, le Québec a le regard rivé sur une petite maison blanche qui résiste tant bien que mal aux trombes d’eau. Source

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Le dimanche 21 juillet 1996

8 h

J’ouvre le bureau d’information touristique. Il pleut encore.

9 h 15

Plusieurs militaires entrent dans le Centre des Congrès. Un haut gradé se dirige vers moi en m’annonçant que je travaille maintenant pour la Sécurité civile. L’armée a commencé à faire évacuer les résidents du quartier St-Philippe à Arvida à cause d’un filet d’eau — trop petit pour se retrouver sur les cartes de la ville — devenu rivière.

9 h 20

Avec l’accord de ma patronne, je mets nos installations à la disposition de la Sécurité civile.

9 h 30

Toutes les salles du Centre des Congrès sont ouvertes. Les militaires font une chaine humaine pour installer des centaines de lits de camp.

10 h

L’hôtel s’organise pour le service des repas.

10 h 30

Les premières personnes évacuées arrivent au Centre des Congrès. Bien que la majorité des gens soient calmes, l’angoisse est palpable.

10 h 45

On installe quelques télévisions dans la salle et le corridor afin que les gens puissent suivre l’évolution de la situation en direct.

11 h – 15 h

Les personnes évacuées arrivent par dizaine.

16 h 15

Les ambulanciers se présentent avec une femme enceinte de 8 mois. Sur le moment, on ne comprend pas pourquoi ils ne sont pas allés directement à l’hôpital. Ce sont eux qui nous apprennent que la route régionale 170 a été détruite à deux endroits, isolant du même coup Arvida, des hôpitaux de Chicoutimi et de Jonquière…

On m’avait assigné une tâche : gérer les personnes qui désiraient appeler leurs proches afin de les rassurer. Bien malgré moi, j’ai assisté à des conversations déchirantes et émotives, et comme il y avait seulement un téléphone et que les appels devaient être rapides, j’ai dû consoler plus d’une personne.

Ce soir-là, je suis retournée à la maison vers 1 h du matin. Il y avait beaucoup de travail à faire, mais je me sentais surtout coupable de retourner à la maison alors que des centaines de personnes inquiètes tentaient de s’accommoder tant bien que mal à leur lit de fortune.

Le 19 juillet 2000

Quatre ans plus tard, je suis retournée à Ville de la Baie pour revoir la maison de mon enfance située dans le rang St-Jean, exactement là où nous avions vu des silos à grain et des fermes être emporté par le courant. À mon arrivée sur les lieux, je n’ai pas reconnu l’endroit et je suis passée tout droit. Il ne restait plus rien : ni la maison, ni la butte sur laquelle elle avait été construite et où j’ai appris à faire du vélo, ni la montagne derrière où l’on cueillait des fraises des champs, ni le pont jaune suspendu au-dessus de la rivière en face de la maison. En fait, oui, il restait une chose : la rivière. C’est tout.

Je n’y suis jamais retournée.

On ne peut pas vivre une telle catastrophe naturelle sans en garder des marques et développer un profond respect pour la force de la nature.


Sur ce blogue, j’ai l’habitude de vous parler de bières, de bouffe et de voyages. Il n’y a pas de raison de faire autrement ! Alors, pour ceux qui seront à Saguenay du 21 au 24 juillet, la Voie Maltée présentera au Festival des bières du monde ses toutes nouvelles bières Déluge blonde, Déluge blanche et Déluge session IPA, un clin d’œil aux 20 ans qui ont passé depuis cette catastrophe et à l’évolution du goût des amateurs de bières.

Topo de Radio-Canada Saguenay

Santé!

Par Katia Bouchard

JOUR 3: «Love Theme» de Éric Speed au violon électrique!

À Baie-Saint-Paul, après avoir passé une soirée au Saint-Pub, le levé du corps n’est pas facile, mais l’odeur du déjeuner est alléchante au gîte Les Petits Brasseurs! Au menu : pain doré aux bleuets et au chocolat et frittata. Nos convives français sont intéressés par l’histoire du Québec et à la campagne électorale en cours, on leur en donne pour leur argent et la journée démarre sur des chapeaux de roues! Pour passer la nuit dans ce gîte situé sur la plus vieille rue de Baie St-Paul, il vous en coûtera 115 $. Certains trouveront que c’est dispendieux, mais la chambre immense avec toilette privée, l’accueil des propriétaires d’origine belges et le déjeuner tout à fait délicieux valent largement la dépense. Si en plus, vous prévoyez passer la soirée au Saint-Pub, vous seriez fou d’aller dormir ailleurs!

À 10 h, nous sommes à la nouvelle usine de la MicroBrasserie Charlevoix située dans le quartier industriel pour une visite qu’on-ne-pouvait-absolument-pas-manquée selon Frédérick Tremblay. Non seulement la visite est intéressante, mais Mimi est enthousiaste, car c’est la première fois qu’elle entre dans le ventre de la bête! Le fait marquant de cette visite : the Magic Fridge! (Avez-vous déjà vu cette super publicité de Heineken?)

Dominus Vobiscum (Que le Seigneur soit avec vous)!

Le «Magic Fridge» de la MicroBrasserie Charlevoix!

Le «Magic Fridge» de la MicroBrasserie Charlevoix!

En route vers St-Siméon où nous allons prendre le traversier, nous nous arrêtons à la Laiterie Charlevoix où nous faisons des provisions en vue d’un lunch agréable sur le bateau. Tout au long du chemin, les paysages sont magnifiques.

Les Éboulements, Québec

Les Éboulements, Québec

Le train de St-Irénée, Québec

Le train de St-Irénée, Québec

St-Irénée, Québec

St-Irénée, Québec

Malgré les nombreux travaux sur notre route, nous arrivons avec deux bonnes heures devant nous avant d’embarquer sur le traversier. Tant pis! Nous décidons de dîner sur les rives du fleuve en attendant notre bateau. Assises à une table à pique-nique, notre lunch de fortune ressemble plutôt à un festin de roi : saumon fumé, rillettes de truite, saucisson, fromages de Charlevoix, pain frais et bleuets.

Cinquième dans la ligne, l’embarquement sur le traversier se passe comme un charme. Cette balade de 1 h 15 minutes s’avère fort agréable!

Traversier St-Siméon - Rivière-du-Loup

Traverse St-Siméon – Rivière-du-Loup

Vers 19 h, nous arrivons au gîte La légende à Rivière-du-Loup. La propriétaire nous accueille en nous disant que nous sommes juste à temps pour voir le coucher de soleil du haut du Parc des chutes. Une marche est toujours bienvenue pour se dégourdir les jambes après quelques heures de voiture!

Rivière-du-Loup, Québec

Rivière-du-Loup, Québec

En route pour la microbrasserie Aux Fous Brassants, nous prenons la mesure de la ville et de la monstrueuse cote que nous aurons à remonter à la fin de la soirée!

En entrant dans le brouepub, un « bonjour » retentissant nous accueille. On nous dit que Frédérick Labrie est au sous-sol, en train de laver des bouteilles pour le lendemain. Quelques minutes plus tard, Fred arrive. Il tient à prendre quelques minutes pour discuter avec nous et expliquer comment deux travailleurs sociaux en viennent à ouvrir un bar. La bière est bonne, le gars est immensément sympathique et l’endroit est chaleureux. Un arrêt obligatoire si vous passez par Rivière-du-Loup!

Microbrasserie Aux Fous Brassants

Microbrasserie Aux Fous Brassants

Bref, nous passons une belle soirée! Vers 21 h 30, notre ventre crie famine, mais l’heure «normale» du souper est passée (je le sais, je viens de Jonquière!). Sans grand espoir, nous partons à la recherche d’un restaurant où la cuisine serait toujours ouverte. Eurêka! Nous trouvons notre bonheur au Resto-Pub l’Estaminet qui offre de quoi se sustenter, en plus d’un menu de bières internationales intéressant.

C’est donc la panse bien remplie que nous sommes arrivées au pied de la cote infernale, un truc à vous faire perdre le souffle juste en la regardant! On ne le savait pas encore, mais cette activité physique allait être un excellent entrainement pour la randonnée au parc du Bic du lendemain!

JOUR 4: ENTRE CHIEN ET LOUP

Soledad nous attend en bas pour le déjeuner. Après avoir passé ma commande, je lui demande pourquoi le gîte s’appelle La Légende. Elle me raconte alors que le nom fait référence à une très ancienne légende qui veut qu’un pirate accosta un jour à Rivière-du-Loup avec une prisonnière, une princesse. Attiré par la beauté de cette jeune personne, le chef de la tribu des Loups décida de lui porter secours en attaquant avec ses hommes l’embarcation qui ramenait tout le monde au bateau. Dans la bataille, la princesse fut sauvée, le bateau coula avec ses coffres de pierres précieuses qui s’ouvrirent en se fracassant au fond du fleuve. C’est ce qui explique pourquoi Rivière-du-Loup a de très beaux couchés de soleil : les rayons reflètent sur les pierres précieuses qui sont toujours au fond de l’eau.

Le prix du gîte était tout à fait raisonnable : 85 $ la nuit pour une grande chambre avec toilette partagée. Déjeuner à la carte, consistant et très bon.

Lorsque j’allais à l’université, j’ai rencontré une fille qui venait de Trois-Pistoles. Annie était très fière de sa région et elle m’avait mentionné à plusieurs reprises à quel point le Parc national du Bic était magnifique. C’était le bon moment pour aller le constater par moi-même! Parmi les nombreuses possibilités, nous avons choisi de faire la randonnée du Pic-Champlain, une randonnée de niveau intermédiaire de 3 km (aller), en montant, tout le temps! Temps estimé : 1h30. Temps réalisé : 1h45! Heureusement, le soleil s’était gardé une petite gêne pour l’occasion!

Parc national du Bic, Rimouski

Parc national du Bic, Rimouski

En arrivant au belvédère, un employé du parc nous attendait, prêt à discuter géologie, histoire et légende. Pourquoi appelle-t-on ce belvédère Pic-Champlain? Parce que Samuel de Champlain lui-même y montait avec son équipage pour repérer les alentours! Un interlude fort apprécié avant la descente, agrémenté des restes de fromages du lunch de la veille! Tout en redescendant la montagne, je me disais que la bière serait bonne. Toutefois, en chemin vers Rimouski, la température devenait maussade, plus fraîche et la fatigue se faisait sentir. Nous avons donc décidé de changer nos plans. Nous avons converti notre nuit d’hébergement à l’Hôtel Rimouski en forfait et nous avons ainsi pu profiter des agréments du Centre de Santé l’Énergie du Fleuve situé dans l’hôtel! Parfois, je suis d’accord pour échanger une bière contre un massage!

Si vous passez dans le coin et que ce forfait vous intéresse, il vous en coûtera 220 $ par personne en occupation double pour une nuit. Le souper (table d’hôte) et le petit-déjeuner (buffet) inclus dans le forfait devraient vous satisfaire.

– Pour lire la suite de ce road trip, cliquez ici.

Par Katia Bouchard

Depuis plusieurs mois maintenant, le gouvernement Charest parle du « Plan Nord », un projet d’envergure ayant pour but de développer les ressources naturelles du Québec (particulièrement les mines) dans sa partie la plus septentrionale. Quel lien est-il possible de faire entre ce projet économico politique et la bière?

Dans le texte Boum brassicole au Québec. Oui, mais pourquoi? que j’ai publié récemment sur ce blogue, j’ai abordé le fait que « [à] ce jour, toutes les régions du Québec, à l’exception de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et du Nunavik, possèdent au moins une brasserie artisanale ».

Selon les prévisions du gouvernement et des organisations responsables de l’analyse du « Plan Nord », la réalisation de ce projet d’envergure entraînerait l’embauche de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Pour répondre à leurs besoins, le gouvernement devrait donc faire des investissements en santé, infrastructure, services urbains, logements sociaux, etc. En se basant sur l’histoire du développement minier du Québec (Fermont par exemple), il est possible d’imaginer que de nouvelles villes se formeraient près ces nouveaux lieux de travail et autour des services essentiels : écoles, hôpitaux, CLSC, police, aéroport, etc., et des divertissements : cinéma et… pub! Je me demande : le moment serait-il venu pour la Côte-Nord et le Nord-du-Québec de penser à l’exploitation de l’industrie brassicole?

Source: TVA / Crédit Photo: Agence QMI

Source: TVA / Crédit Photo: Agence QMI / C’est moi qui a ajouté le mot «brassicole»!

Bien sûr, nous savons qu’il est ardu d’ouvrir une microbrasserie/bistrobrasserie. Il faut d’abord un excellent cahier de recettes, puis monter un plan d’affaires en béton, trouver le financement, s’armer de patience pour obtenir les permis, s’approvisionner chez les meilleurs fournisseurs, au meilleur prix, tout en demeurant créatif et original. Ceux que l’aventure brassicole nordique pourrait intéresser auraient quant à eux des défis supplémentaires à relever, on n’a qu’à penser par exemple aux distances considérables à franchir pour l’approvisionnement… Toutefois, ces problèmes ne sont pas insurmontables. Les brasseurs ayant élu domicile dans les régions éloignées des grands centres ont déjà fait face à des défis similaires, entre autres pour la distribution de leurs bières. De cette problématique est d’ailleurs né Distribières, une coopérative de travail dont l’objectif principal est « l’optimisation des activités de distribution d’une part tout en diminuant la proportion des ressources financières que les membres doivent consentir à cette étape de leurs activités ». Il va sans dire que les entrepreneurs-brasseurs qui auraient le goût de se lancer dans le développement brassicole du Grand Nord devront eux aussi faire preuve d’audace et d’ingéniosité! Mais les défis reliés au climat et aux distances ne nous ont jamais fait peur pas vrai? D’autant plus que l’aventure coule dans nos veines… Nous n’aurions certainement pas ouvert des terres au Saguenay et en Abitibi si ce n’était pas le cas!

Ce texte est écrit au conditionnel, car j’ignore si ce projet verra le jour et même s’il est réellement bon pour l’avenir du Québec. Je crois toutefois qu’il peut être intéressant d’y réfléchir maintenant, considérant le temps que cela peut prendre pour obtenir toutes les autorisations requises! ! En tout cas, une chose est sûre : s’ils engagent effectivement des milliers de gens pour aller travailler dans le Grand Nord, une fois que leur journée sera finie, ils auront soifs! Et comme on l’entend souvent dans le milieu : la vie est trop courte pour boire de la mauvaise bière!

Ce texte est également disponible sur

Par Katia Bouchard

Au fil des années, j’ai réussi à me faire une place dans la communauté brassicole québécoise. Dernièrement, la gang de Ça Brasse! m’a invité à participer à leur nouveau site Internet en bloguant pour eux une fois par mois. À partir d’aujourd’hui, vous retrouverez donc certains de mes billets sur www.cabrasse.ca! Un grand merci à cette charmante équipe de m’avoir offert un espace pour discuter bière!

Vous souvenez-vous de votre première bière?

C’est difficile comme question n’est-ce pas? Quant à moi, je pense que cela vient du fait que j’ai eu plusieurs «premières fois» : la première fois que j’ai goûté à une bière, la première fois que j’ai bu une bière, la première fois que j’ai dégusté une bière, la première fois que j’ai eu un coup de cœur pour une bière, etc. Ce n’est pas simple, mais la question mérite qu’on s’y attarde un peu, façon thérapie collective, pour se rappeler de bons (et de moins bons) souvenirs ainsi que quelques anecdotes savoureuses, nous rendre nostalgiques et partager nos histoires!

J’avais 18 ans lors de ma fausse «première fois» et j’étais en première année de CÉGEP. Tout ce qui s’est passé avant cela n’a aucune valeur brassicole et n’est pas valide au regard de la loi ! HAaaa le CÉGEP ! Quel lieu extraordinaire d’enseignement… Je me sentais libre et toute-puissante (surtout parce que je pouvais finalement acheter de la bière légalement)! Invitée à rejoindre de nouveaux amis dans un party, j’avais apporté avec moi une bouteille de Terrible et de Fin du Monde d’Unibroue, question de me faire remarquer. Ce soir-là, j’ai compris ce qu’était la «fin du monde» lorsque je suis rentrée chez moi. J’ai trouvé ça «terrible»!

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Ma vraie «première fois», c’était un soir d’avril 1986. J’étais confortablement assise sur le divan du salon à côté de mon grand-père pour regarder un match de hockey du Canadien de Montréal. À chaque fois que je regardais le hockey avec lui, il buvait de la Labatt 50 tablette svp! Ça avait l’air bon… Comme les enfants apprennent beaucoup par mimétisme, un jour, j’ai osé et j’ai goûté à sa bière lorsque mamie l’a appelé dans la cuisine. EURK! Dans toute ma vie, je n’avais goûté qu’à une seule chose de pire que ça : le brocoli! Que dire de plus? J’avais 10 ans.

Au CÉGEP, après ma soirée Unibroue, j’ai adopté la Belle Gueule blonde pour tous les partys qui ont suivi parce que Belle gueule, je trouvais que ça m’allait bien! En 1995, j’ai déménagé à Québec pour aller à l’université. Deux lieux ont marqué mon passage dans la capitale nationale : Chez son père dans le Vieux-Québec et l’Inox dans le quartier St-Roch. Je n’ai pas de souvenirs précis d’une bière ou d’une autre (les années d’université aussi peuvent être dures!), mais c’est définitivement durant ces années que j’ai commencé à apprécier la bière! À cette époque, si on m’avait dit qu’un jour, je travaillerais au Mondial de la bière, je ne l’aurais pas cru!

C’est dans la métropole au début des années 2000 que j’ai vraiment découvert les bières artisanales. Mon premier coup de cœur a été pour la St-Ambroise noire à l’avoine de McAuslan qui m’a du même coup révélé mon goût pour les stouts. Puis, comme je l’ai écrit dans un précédent article, mon deuxième coup de cœur a été pour La Pénombre, une black IPA signée Dieu du Ciel ! (Pourquoi j’aime les noirs). Depuis 2009, j’ai eu la chance de vivre plusieurs expériences brassicoles qui m’ont emballée, troublée, étonnée. Tout cela pour dire que je ne peux pas vraiment identifier quelle a été ma «première bière», mais je pense que c’est grâce à elle(s) si aujourd’hui je fais un métier que j’aime.

Par Katia Bouchard

C’est indéniable, le Québec connaît non seulement une révolution brassicole, mais carrément un «boum»! À ce jour, toutes les régions du Québec, à l’exception de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et du Nunavik, possèdent au moins une brasserie artisanale, que ce soit une microbrasserie (permis de brassage et d’embouteillage qui leur permet de distribuer leurs bières dans les dépanneurs et épiceries, dans les bars et restaurants) ou une bistrobrasserie (permis de brasserie artisanale et offrent leurs bières exclusivement à la brasserie). Non seulement presque toutes les régions du Québec peuvent-elles bénéficier des avantages économiques et touristiques de cette industrie, mais en plus, on compte l’ouverture d’une microbrasserie ou bistrobrasserie tous les trois mois à peu près depuis les dernières années!

Voici ce qu’écrivait Le Coureur des Boires le 29 janvier dernier :

« Depuis [2010], près d’une dizaine de nouvelles brasseries ont vu le jour au Québec! Loin de ralentir, l’apparition de nouveaux brasseurs semble de plus en plus fréquente. […] dans les derniers mois, nous avons entendu parler de pas moins d’une vingtaine de nouvelles brasseries qui ont fait leur apparition ou s’attendent à la faire au cours des prochains mois: Le Baril Roulant (Val-David), La Souche (Québec/Limoilou), Le Castor (Rigaud), Kruhnen (Blainville), Brasseurs Sans Gluten (Montréal), La Chasse-Pinte (Anse St-Jean), Aux Fous Brassants (Rivière-du-Loup), Les Beaux Prés (Ste-Anne-de-Beaupré), La Société (St-Georges-de-Beauce), Frampton Brasse (Frampton), Le Coureur des Bois (Dolbeau), La Gueule de Bois (Arvida), Les Soeurs Grises (Montréal), Brasseurs des Monts (St-Mathieu-de-Beloeil), en plus d’autres projets à Sept-Îles, St-Jean-sur-Richelieu, Chelsea, Montréal, etc. Ouf! Ce qui semblait être une utopie il y a quelques années est en train de se réaliser… et c’est agréablement grisant! » Source

L’effervescence de l’industrie brassicole au Québec est reconnue sur la scène locale, nationale et internationale. Cela ne fait plus aucun doute. Mais, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi?

Voici quelques pistes de réflexion que je vous propose aux fins de discussion.

Commençons par le plus évident : les Québécois aiment la bière

L’histoire nous raconte que la relation entre les Québécois et la bière remonte au début même de la colonisation avec l’arrivée en Nouvelle-France de Louis Hébert, apothicaire. Dès 1617, sa femme, Marie Rollet brasse de la bière, une tâche majoritairement réservée aux femmes à cette époque. Après les Récollets et les Jésuites, Jean Talon arrive à Québec en 1665 et fait construire la brasserie de l’intendant. L’exploitation brassicole, aux termes où on l’entend aujourd’hui, n’a réellement commencé qu’au début des années 1700. L’industrie connaît des hauts et des bas et avec l’arrivée de la révolution industrielle, un nouveau type de brasserie apparaîtra au Québec: Molson, Dow, Labatt, Carling, O’Keefe, Frontenac, etc. Jusqu’au début des années 1980, ces brasseries industrielles contrôleront la scène brassicole avec des bières de plus en plus légères et aseptisées. Comment les brasseurs artisanaux ont-ils donc fait pour intégrer le marché de la bière et se faire une place enviable parmi ces géants au point de créer une révolution brassicole?

Dans le courant des années libertines de 1970 aux États-Unis, des groupes d’amateurs de bières étaient en train de fomenter une révolution qui allait gagner toute l’Amérique quelques années plus tard. C’est dans leur sillage que les amateurs de bières québécois et brasseurs maison trouveront leur inspiration et développeront leur créativité.

La formation : le métier de brasseur et la créativité québécoise

La passion de ces précurseurs les amène à vouloir se perfectionner. La majorité s’envolent pour l’Europe, principalement dans des pays où la tradition brassicole est reconnue comme la Belgique, l’Angleterre et l’Allemagne. C’est là qu’ils apprennent les ficelles du métier de brasseur. Peu à peu, le savoir se transmet et des ressources de formation commencent à apparaître au Québec, allant des cours de brassage artisanal aux formations plus avancées. Les brasseurs québécois ont la chance d’évoluer dans un environnement brassicole pratiquement «vierge» qui leur permet (et les encourage même!) à dépasser les limites et à explorer toutes les avenues possibles. La bière artisanale, goûteuse et riche, se déclinera de plus en plus dans une multitude de styles.

La fibre entrepreneuriale

David Sparrow a déjà abordé ce sujet dans Bières et Plaisirs :

«Il ne suffit pas d’avoir de savoureuses recettes pour faire carrière dans le monde de la bière, encore faut-il trouver l’emplacement et les moyens qui permettront aux gens de les découvrir. Être brasseur c’est bien; brasseur et entrepreneur, c’est mieux!» Source

Les brasseurs désireux d’ouvrir un établissement pour brasser et partager leurs bières ne sont pas au bout de leurs peines! Au-delà d’un cahier de recettes et d’un excellent plan d’affaires, les étapes clés nécessaires à la réalisation de chaque projet amènent les brasseurs entrepreneurs à développer des relations avec le Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE), la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJQ), le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), etc.

«Les futurs brasseurs ont donc intérêts à être patients, travaillants et prêts à faire des sacrifices s’ils souhaitent mettre sur pied leur propre entreprise. C’est sans compter la forte concurrence du marché et les divers enjeux de l’industrie qui ne cesse d’évoluer; pénuries, distribution, mise en marché, contrôle de qualité, stabilité et autres.» Source

Vu sous cet angle, il semble que seul le fou ou l’inconscient se lancera dans l’aventure! Pourtant, malgré les défis qui les attendent (et heureusement pour nous!), plusieurs brasseurs ont réussi à mettre sur pied leur havre de goût. Leur secret: la passion.

Certes, tous ces points expliquent l’apparition d’une offre de bières artisanales. Mais pourquoi les Québécois ont-ils embarqué dans cette belle aventure brassicole?

La tendance épicurienne des années 2000

Dès le milieu des années 1980, certains amateurs de bières sont déjà à la recherche de produits qui ont un goût différent des bières industrielles. L’apparition des premières brasseries artisanales répond donc au besoin de certains consommateurs. Leur enthousiasme va tranquillement gagner le groupe des curieux, mais cet engouement s’inscrit également dans une tendance plus large, le règne d’Épicure.

« […] on assiste depuis 15 ans à une extraordinaire révolution gastronomique, grâce à des chefs innovateurs qui nous ont fait découvrir les richesses de notre terroir et qui destinent le Québec à devenir une plaque tournante dans l’univers du goût.» Chrystine Brouillet (L’Actualité, dossier Les 101 mots pour comprendre le Québec, décembre 2005, p. 134)

Entre le bogue de l’an 2000 et la fin du monde annoncée pour 2012, la gastronomie et l’œnologie se retrouvent au centre d’un mode de vie actualisé et centré sur les plaisirs de la table. Une tendance qui se détermine, entre autres, par des concepts tels que «boire mieux» et «manger sainement». Les épicuriens ont comme objectif de profiter de tout ce qui est bon et la bière ne fait pas exception.

«De nos jours, le Québec est devenu un véritable paradis de la bière, grâce à l’audace et au savoir-faire des [brasseurs. Ils] font pétiller dans nos chopes les ales et les lagers, et introduisent dans nos assiettes les premières bouchées de la gastronomie brassicole.» Mario D’Eer (L’Actualité, dossier Les 101 mots pour comprendre le Québec, décembre 2005, p. 32)

Il n’en fallait pas plus pour qu’Épicure et Gambrinus unissent leurs destinées!

Consommation locale et produits du terroir

Combinés, la conscience environnementale et le désir de consommer des produits locaux ont favorisé l’apparition du consommateur responsable, celui qui, en choisissant ce qu’il achète, devient un acteur important pour l’économie locale. Il s’informe, il est exigeant, mais s’il est satisfait, il est loyal.

«D’après le rapport du Baromètre 2010 de la consommation responsable au Québec, ce classement laisse entrevoir quatre éléments majeurs: un attrait pour la consommation de produits au rythme des saisons, une détermination à consommer des produits locaux, une consommation à forte tendance environnementale et un attrait pour les produits recyclés». Source

Les brasseurs qui ont saisi ce mouvement proposent non seulement une restauration basée sur les produits du terroir régionaux où ils ont élu domicile (lorsque restauration il y a), mais intègre également ces produits au sein même de leurs recettes de bières. Par exemple (et il y en a beaucoup d’autres), je pense à André Trudel au Trou du diable à Shawinigan qui utilise des cerises grillottes provenant des champs de la ville de Charette, en Mauricie également, dans sa bière St-André Claymore-Cerise.

Maintenant que nous avons fait le tour rapide de l’historique de l’offre et de la demande, peut-être serait-il intéressant de nous demander ce qui a cimenté les deux…

La communication a joué, et joue toujours, un rôle important dans la révolution brassicole. Non seulement les différents outils de communication utilisés ont permis de faire connaître l’industrie, mais ils ont également contribué à cristalliser la tendance épicurienne, à promouvoir la production faite à partir des produits du terroir et à soutenir la consommation locale.

Les experts : parlons bière

Avec la venue de ces brasseries artisanales, ce sont développés plusieurs experts en bière qu’on nomme biérologue. Ils ont pris la plume ou le micro pour partager avec les amateurs leur passion pour la bière, leurs dégustations, leurs trouvailles, leurs critiques et leurs expertises. Ils ont voyagé, comparé, étudié l’histoire de ce breuvage millénaire. Ils ont aidé, démystifié et enseigné. Ils ont fait beaucoup de route… beaucoup et connaissent le Québec par cœur et par goût. C’est d’ailleurs au Québec que la première école de certification biérologue de la francophonie a vu le jour! Bibliothèque ambulante douée de parole, ils nous ont parlé de couleurs, de styles, de flaveurs et ont grandement contribué à nous faire découvrir la bière, la vraie. Je ne les nommerai pas, de peur d’en oublier, mais ils se reconnaîtront… Je leur lève mon verre à leur implication et je les salue.

Les festivals : soutenir l’industrie, la faire connaître et la faire valoir

Vous pensiez que je vais vous parler du Mondial de la bière? Hé bien… oui! Il va sans dire que je vais prêcher pour ma paroisse, mais avant tout, voici une très belle définition de ce qu’est un festival.

«Le mot même le dit : un «festival» est une «fête». Une grande fête des sens et de l’esprit. Un événement rassembleur qui, par sa haute visibilité, permet de toucher un vaste public. Une manifestation unique, un lieu d’échanger conviviale, cosmopolite et stimulant qui témoigne du désir de créer des ponts entre l’ici et l’ailleurs, entre le public et des créateurs venus de partout, réunis en autant de rencontres vivantes et vibrantes. […] Les festivals sont là pour nous permettre d’avoir des nouvelles de notre monde, de saisir l’état de ce monde par l’intermédiaire d’une diversité foisonnante d’imaginaires, et par la même occasion de redéfinir ce que nous sommes à la lumière de cet ailleurs qui débarque chez nous.» Marie-Hélène Falcon. (L’Actualité, dossier Les 101 mots pour comprendre le Québec, décembre 2005, p. 63)

Fondé en 1994, le Mondial de la bière de Montréal a été le premier festival de bière au Québec, basé sur l’existence des microbrasseries. Il est le plus 
important
 festival
 de
 bières 
internationales 
en 
Amérique 
et 
sa 
réputation 
dépasse 
les 
frontières 
du 
pays. Misant sur la qualité plutôt que la quantité, il est depuis ce temps un lieu d’apprentissage et de découvertes.

Mondial de la bière 2011 – Crédit Photo: CosmosImage

« On se plaît souvent à répéter que Montréal est une plaque tournante entre l’Europe et l’Amérique, un carrefour de diverses cultures et influences. Aussi un festival montréalais se doit-il, plus que tout autre, d’être ouvert sur le monde, d’être international, interculturel, intergénérationnel, à l’image de cette ville «sous influence» […] située à la croisée des chemins et des tendances.» Marie-Hélène Falcon. (L’Actualité, dossier Les 101 mots pour comprendre le Québec, décembre 2005, p. 63)

Depuis, plusieurs autres festivals à vocation différente, mais tout aussi importante sont apparus au peu partout au Québec, pour le plus grand bonheur des amateurs.

L’avènement des réseaux sociaux

Véritable révolution technologique, le web 2.0 et l’avènement des médias sociaux ont complètement changé la façon de communiquer avec les autres. Les réseaux sociaux permettent de créer des communautés virtuelles sur la base d’un intérêt commun : la bière dans notre cas. Deux aspects en particulier méritent que l’on s’y intéresse. D’une part, en tant que plateformes interactives, elles permettent de communiquer directement avec les clients, consommateurs et amateurs, tout en gardant le contrôle sur l’image de marque, ce qui n’est pas toujours le cas avec les médias traditionnels. D’autre part, l’information s’y diffuse à la vitesse de l’éclair, une version moderne du «bouche-à-oreille». On trouve déjà quelques exemples de leur puissance… Parlez-en aux propriétaires de l’Espace public , qui ont ouvert leur brasserie artisanale en janvier dernier. Sans aucune publicité, la nouvelle de l’ouverture s’est répandue en moins de 24 h dans la communauté brassicole virtuelle et il y avait une file d’impatients qui attendaient dehors le jour de l’ouverture des portes! La plupart des brasseurs, festivals et experts sont présents sur les réseaux sociaux, ce qui en fait donc une excellente banque de données. D’ailleurs, le Mondial de la bière propose sur Twitter deux listes brassicoles, soit une pour le Québec et une pour l’international : @Mondialbiere/bièresqc et @Mondialbiere/biere-beer-cerveza.

Quant à moi, j’ai dédié mon Scoop.it! à la bière et j’ai également créé une page Facebook sur le sujet. Venez faire un tour si le cœur vous en dit!

La brasserie artisanale : notre nouveau «perron d’église»

Pendant des décennies, alors que la présence à l’église le dimanche matin était une obligation sociale, les perrons d’église sont devenus le théâtre de la vie quotidienne des Québécois où l’on s’échangeait les dernières nouvelles et les rumeurs. Aujourd’hui, les perrons d’église ont été remplacés pour un autre lieu, plus convivial : la brasserie artisanale. Dorénavant, c’est devant une bonne bière que l’on refait le monde, à tout moment dans la semaine, mais très souvent lors du traditionnel 5@7.

En conclusion…

Une société distincte qui veut développer son propre style de bière : l’Annedd’Ale

Au-delà du «boum» brassicole au Québec, il y a aussi quelque chose de plus profond, de plus impliqué depuis quelques mois. En effet, un groupe de professionnels, de brasseurs et d’experts travaillent, parfois bénévolement, à concevoir un style de bière entièrement québécois. Pourquoi? Qu’importe… la vraie question n’est-elle pas: pourquoi pas? Pourquoi ne laisserions-nous pas notre marque dans l’industrie brassicole mondiale? Le défi est séduisant…

« L’idée a commencé quand j’ai pris conscience que les brasseurs québécois maîtrisaient tous les grands styles de bières, en respectant leur origine, et qu’ils étaient capables de produire de nouveaux styles qu’on ne pouvait pas nommer. » Mario D’Eer. Source

«Annedda signifie arbre de vie, il est présent dans plusieurs mythologies et il est généralement associé à la création du monde. Ici, l’arbre de vie est celui qui a sauvé l’équipage de Jacques Cartier du scorbut. Il s’agit plus précisément du sapin baumier, qui fût introduit aux français par les Amérindiens.» Source

«Jacques Cartier aurait probablement aimé mieux découvrir le Nouveau Continent en 2012.» Source

Quant à moi, je trouve qu’il s’agit d’un projet excessivement intéressant, basé sur un fondement historique solide, une histoire, notre histoire. À ce sujet, je vous invite à voir (ou à revoir) le topo réalisé par l’émission Découvertes. Pour connaître les derniers développements du projet, vous pouvez également suivre la page Facebook.

Nous, Québécois, sommes hédonistes, grégaires, affables et fortement enracinés dans notre histoire et notre culture. Nous voulons avant tout le respect et la reconnaissance, ce qui nous pousse à innover et à nous démarquer. Notre industrie brassicole est à notre goût et à notre image : jeune, créative et un brin rebelle. Ses artisans font preuve d’un savoir-faire qui nous rend fiers, ce qui crée un fort sentiment d’appartenance régional et national. Je pense que c’est pour cette raison que le Québec vit maintenant un «BOUM!» brassicole.

Je terminerai en paraphrasant un proverbe trappiste :  «il n’y a pas de bières au ciel, alors profitons-en pour en boire pendant qu’on est ici!».

Santé!

P.S. Un grand merci à Mario D’Eer, mon rempart rédactionnel brassicole, qui est toujours prêt à me donner son avis quand je l’invite à le faire.