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(Octobre 2011)

La troisième édition du Mondial de la bière de Strasbourg est maintenant terminée. Pour lire le résumé des deux dernières éditions, cliquez ici :  Le Mondial de la bière : de Montréal à Strasbourg – partie 1 et Le Mondial de la bière : de Montréal à Strasbourg – partie 2. Un autre beau voyage à mon actif, quoiqu’un peu différent des autres…

Quelques heures avant de partir de Montréal, je me suis blessée. Luxation de la cheville droite. Mon départ a donc dû être reporté deux semaines plus tard. Pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, je dois avouer que cela m’a permis de recevoir un traitement V.I.P. à l’aéroport : pas d’attente à la sécurité ni aux douanes, transport en fauteuil roulant et navette privée pour changer de terminal. La classe! À Strasbourg, les rues en pavé m’ont donné du fil à retordre avec au final, le genou gauche complètement enflammé. Sur ordre du médecin, j’ai dû restreindre mes déplacements. Mon appartement est donc devenu mon bureau, mon bar, mon restau, etc. pendant une semaine. Il y a mieux comme voyage… mais au moins, la vue était magnifique!

Strasbourg - Place du cochon de lait

Les jours ont passé lentement, mais de fil en aiguille, la journée d’ouverture du festival est arrivée. Ça fut un pur bonheur de retrouver toute l’équipe fraîchement débarquée du Québec pour nous donner un coup de main. J’aime l’ambiance survoltée de notre festival de bière. Ce qui me plaît le plus du Mondial de la bière, c’est le potentiel de rencontres intéressantes, inattendues, surprenantes, mémorables… Dans mon carnet de bal cette année, un groupe hétéroclite, exposant sous la bannière du Front Hexagonal de Libièration (FHL) : Régis Barth (La Franche), Xavier Clerget (L’Agrivoise), Marjorie Jacobi (Le Paradis), Jacek Korczak (Matten), Laurent Mousson (Front Helvétique de Libièration), Gregory Murer (Fleurac), Benoît Ritzenthaler (Brasserie de la Pleine Lune) et Gwenaël Samotyj (Brasserie des Garrigues).

FHL

Voici un extrait de leur manifeste:

Nébuleuse de six artisans-brasseurs renforcés de quelques sympathisants, le FHL est une initiative contre la relative torpeur et le cynisme qui touche le monde brassicole français. Partant du constat qu’effectivement la microbrasserie ne s’est jamais aussi bien portée en France qu’actuellement, le FHL relève dans son manifeste les risques de toute complaisance ou autosatisfaction, la partie étant loin, à leurs yeux, d’être gagnée. Parmi les choses que déplore le FHL, il y a la réticence de la brasserie française à employer les houblons à leur plein potentiel, par peur d’une amertume supposée choquer les consommatrices et consommateurs. Ayant justement constaté le contraire dans les faits, les brasseries membres du FHL vont apposer une série de trois macarons identifiant clairement leurs bières plus fortement houblonnées, mais au goût équilibré.

Je mentionne également que certains brasseurs de cette bande de joyeux lurons se sont bien fait remarquer en remportant des médailles. Félicitations encore à Régis Barth (La Franche) pour sa médaille d’or au concours MBière Europe Pierre Celis pour sa bière La Franche Profonde, ainsi qu’à Jacek Korczak (Matten) pour sa médaille d’or au concours Coup de Coeur du public, pour sa bière Red Fox IPA.

À cela, j’ajoute que la sympathique tribu de la microbrasserie Dieu du Ciel! a une fois de plus remportée sa part de récompense avec deux médailles d’or du concours MBière Europe Pierre Celis pour leurs bières Dernière Volonté et Aphrodisiaque.

Cette 3e édition du festival a été placée sous la thématique de la cuisine à la bière. Cette activité phare, animée par le très sympathique chef alsacien Daniel Zenner, alias Gargantua, a remporté un franc succès. Incontournable, il fallait passer près de l’endroit pour être happé par des odeurs à faire frémir les narines!

Crédit: Philippe Stirnweiss-Strasbourg evenementsCrédit photo: Philippe Stirnweiss-Strasbourg Evénements

Pétoncles à la bière blancheCrédit photo: Philippe Stirnweiss-Strasbourg Evénements

Pétoncles à la bière blanche de Meteor et purée d’avocat servi sur un lit de polenta

Quatre jours de festival plus tard, les vacances, bien méritées, ont commencé à l’Iceberg, quand l’équipe du Mondial de la bière de Montréal s’est fait inviter à un match de hockey de l’Étoile Noire de Strasbourg. Notre groupe de 22 personnes n’est pas passé inaperçu… Disons que nous nous sommes occupés de mettre de l’ambiance!! Nous avons encouragé les Québécois de l’équipe (Cayer!, Cayer!, Cayer!), fait faire une vague aux Français (non pas sans effort…) et joué aux indiens à chaque coup de tambour de l’équipe d’Épinal. Nous avons également vidé les réserves de bières de l’aréna dès la deuxième période et le tout, sans émeute! Pour notre plus grand bonheur, ce match sans lendemain de Coupe de France est allé en prolongation et s’est finalement terminé en tir de barrage que l’Étoile Noire a remporté, haut la main!

Voici un petit vidéo démontrant nos différents succès de la soirée. Soyez attentif à partir de 3:35 min. Vous verrez successivement: le gardien adverse brisant son bâton sur le but, les 22 Québécois faisant la vague, une entrevue avec CAYER!, CAYER!, CAYER! et une entrevue avec le coach, le Québécois Daniel Bourdage.

Pour plus d’information sur l’Étoile Noire de Strasbourg, je vous invite à lire mon texte Strasbourg – série «Visite en Alsace».

CLIN D’OEIL

Strasbourg regorge de restaurants et de bars plus intéressants les uns que les autres. Toujours à la recherche de nouvelles expériences, nous avons découvert cette année le bar Le Grincheux. Situé sur deux étages, le Grincheux est en endroit convivial avec son mobilier hétéroclite et son gigantesque bar. Il est possible d’y déguster un grand choix de bières artisanales et de vins. Sébastien, propriétaire et grincheux en chef, est un passionné de bières. Lors de notre passage, il nous a réservé un accueil V.V.I.P. Au menu : bières, couscous royal et conversation sur le sens de la vie, la démocratie et l’importance des expériences de vie.

Parce que le vrai plaisir de boire une bière, c’est de la partager avec des amis.

Bar Le GricheuxGrincheux

Le Grincheux, 27 Rue du Vieux Marché aux Vins, Strasbourg.


Pour lire mon introduction sur l’Alsace, cliquez ici.

Blason de Sélestat

 Moyen-Âge

Les premières mentions écrites de Sélestat apparaissent pour la première fois au VIIIe siècle. Durant le XIe siècle, Hildegarde de Buren y fonde une église qui sera occupée en 1094 par des moines. En 1217, la ville obtient son statut de ville libre. Sélestat prospère et devient membre de la Décapole – au même titre que Colmar – une alliance de 10 villes libres alsaciennes au sein du Saint-Empire romain germanique, qui perdurera de 1354 à 1679.

Durant cette époque, la ville prend de l’ampleur, agrandit ses fortifications et fait du commerce. Les traces de cette époque lointaine sont présentes partout dans la ville, particulièrement dans l’art qui décore les rues et ruelles.

Bannière de rue

Renaissance

« La Renaissance marque la période glorieuse de la ville qui devient une capitale de l’Humanisme. Son école devient célèbre dans toute l’Europe. La Réforme, la Guerre des Paysans qui agite alors le Sud du Saint-Empire, et celle de Trente Ans marquent le déclin de Sélestat». (Source) En 1632, la ville est prise par les Suédois, puis occupée par les Français en 1634. La ville est officiellement annexée à la France en 1678 par Louis XIV, le roi Soleil. L’armée française s’y installe et la ville perd tous ses privilèges de ville libre.

Le passé guerrier de Sélestat est également présent dans la ville, voyez cette superbe statue! Lors de votre promenade, gardez les yeux bien hauts, car des trésors s’y trouvent!

Chevalier tenant le blason de Sélestat

Époque contemporaine

En 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, Sélestat est annexée de nouveau à la France, après être successivement passée aux mains des Allemands et des Français, et vit alors quelques années paisibles. Après la défaite de l’armée française en 1940, Sélestat est annexée à l’Allemagne nazie. En décembre 1944, le processus de libération de la ville s’enclenche à la suite d’un bombardement américain… Ce bombardement a pourtant détruit une grande partie de ville qui porte encore aujourd’hui quelques cicatrices. Redevenue française à nouveau, la période de l’après-guerre en est une de reconstruction pour Sélestat et sous la direction de plusieurs maires de talent, la ville connaît un véritable essor dans les années 60.

Le rêve de Sarkis

Installé sur le mur du rempart de Vauban construit en 1674, le rêve de Sarkis est un amalgame de plaques de rue sur lesquelles on peut lire de courtes phrases ou des fragments de poèmes «propres à déclencher souvenirs ou images». Les 310 plaques de rue «correspondent aux 309 rues de Sélestat, plus une, symbole de l’extension future de la ville». Selon la description du projet conçu en 1993, le rêve de Sarkis est une œuvre qui est à la fois «une invitation à la promenade et un appel à la rêverie». (Source)

Le rêve de Sarkis

Nous avons pris le temps de lire toutes les plaques… Un pur moment d’émerveillement et de poésie… certainement mon coup de cœur à Sélestat!

Après avoir fait le tour de la ville à pied, une promenade magnifique, agréable et riche en histoire, nous avions faim. Toutefois,  il est important de noter qu’en France, la grande majorité des restaurants sont fermés entre 14 h à 18 h. Il était 13 h 50… Nous avons refait le tour de la ville afin de trouver un restaurant ouvert… et heureusement pour nous, le personnel du Troc Café (31, rue Président-Poincaré) a gentiment accepté de nous servir, malgré l’heure tardive. Le restaurant rose aux volets bleus est invitant et son intérieur d’inspiration baroque est à la fois confortable et insolite. On y retrouve de vieilles motos, des gravures anciennes, de belles lampes et une variété impressionnante de meubles. On y sert une cuisine sans prétention dans un esprit bistrot. Peu importe ce que vous déciderez de goûter, vous vous en sortirez avec une facture autour de 12€, ce qui est plus que respectable étant donné que les tartines (une sorte de tartes flambées sur un pain de ménage) sont sublimes! Mhummm… Bon service, bonne bouffe et surtout, un gros merci pour la gentillesse de personnel… ils nous ont sauvés la vie!

CLIN D’ŒIL: L’ARBRE DE NOËL ET LA TOUR DES SORCIÈRES

À la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, vous pourrez voir un livre de comptes datant du 21 décembre 1521 faisant mention pour la première fois du sapin de Noël, ou arbre de Noël ou encore arbre du Christ! (Source)

L’ancienne porte basse de la ville fortifiée menant vers Strasbourg est communément appelée «la Tour des Sorcières» au XVIIe siècle. Le bâtiment sert alors de prison pour les femmes accusées «d’avoir séduit le diable et d’être responsable de tous les malheurs de la ville. Près de 100 sorcières allèrent au bûcher entre 1629 et 1642». (Source)